Francis Edwards

Résumé

Francis Edwards Revue des Deux Mondes

Ce n’est point toutefois par les actes de ces fonctionnaires qu’on peut se rendre un compte exact du rôle de l’administration anglaise dans l’Inde : ce sont les employés secondaires qui doivent surtout nous occuper, car ils sont en communication directe avec le peuple, qui ne connaît qu’eux. L’Hindou voit dans l’alliance d’un juge, d’un magistrat [1] et d’un collecteur l’expression la plus complète du gouvernement anglais. C’est une curieuse histoire que celle du corps administratif que l’on appelle le civil service de la compagnie.
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II Le collecteur anglais dans l’Inde perçoit les impôts sous quelque forme qu’ils se présentent ; les contributions foncières, les contributions personnelles et mobilières, les taxes de consommation, enfin toutes les sources du revenu public sont soumises à sa direction. Il saisit la propriété partout où il peut la trouver ; et il prélève dans son district, avec plus ou moins d’arbitraire, la quotité qui doit servir aux dépenses du gouvernement. En un mot, son pouvoir est le même que celui des fermiers-généraux d’autrefois, et son avidité est la même que celle des traitans.
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C’est que le gouvernement, quand il se montre libéral, quand il patronise l’enseignement, ne fait qu’obéir à un mouvement imprimé par une main plus puissante que la sienne, celle du peuple anglais qui, représenté par la Société des missions de Londres et d’Édimbourg, est allé fonder dans l’Inde des lycées et des temples. Toutefois, si le gouvernement de l’Inde a subi l’influence de cet élan généreux, il a prolongé tant qu’il a pu la résistance. Les missionnaires anglais voulaient faire de paisibles conquêtes, et l’on pouvait croire que la compagnie s’en montrerait peu jalouse.
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