“ Bientôt la civilisation les guérira de cette barbarie, les corrigera de leur ignorance. Jusqu’à la seconde moitié du présent siècle, les Khonds abominaient toute espèce de commerce, ne voulaient faire usage d’argent ni de monnaies, rejetaient les coquillages comme moyen d’échange ; au lieu de mesurer en espèces la valeur des choses, ils les supputaient en « vies », même les objets inanimés, même les haches, riz et farines. Quels arriérés ! Aucun peuple ne pousse plus loin la religion de l’hospitalité. De ce chef ils en remontrent aux Bédouins, aux Arabes du désert. ”
Khonds
Définition et enjeux
Citations sur “Khonds”
“ C’est, en effet, moins une bataille qu’un tournoi, qu’une joute en champ clos. Chevaliers plutôt que soldats, les Khonds ignorent la tactique, négligent les marches, contremarches et mouvements tournants, mais ne se ménagent, ne s’épargnent point ; se tuent en famille, moins ennemis que rivaux. Toutefois, les plus réjouissantes choses finissent par lasser, les plus jolies par durer trop longtemps. Les premières pour en avoir assez sont les femmes, exposées à perdre l’un par l’autre et leur propre père et le père de leurs enfants. ”
Francis Edwards, Revue des Deux Mondes
“ Il existe aujourd’hui dans l’Inde, à cent lieues de Calcutta, une tribu sauvage, la tribu des Khonds, qui sacrifie des victimes humaines à ses idoles, et qui se nourrit de la chair des hommes qu’elle a égorgés. Le gouvernement envoie tous les ans une compagnie d’infanterie sur la scène de ces boucheries, mais c’est quand le couteau du sacrificateur a cessé de frapper, c’est quand l’autel est levé que commence cette promenade militaire. ”
“ Si les qualités morales l’emportent vraiment sur l’instruction et sur les facultés intellectuelles, nos barbares Khonds sont, en somme, fort supérieurs aux civilisés leurs voisins. Véridiques et sincères, ils ne daigneraient échapper à un péril, obtenir quelque avantage au prix d’un mensonge ou seulement d’une inexactitude volontaire. Que de fois les juges anglais ont à regret fait exécuter de braves gens, contre lesquels ne se dressait que leur propre témoignage ! ”
Major général John Campbell, Le Tour du monde
“ En présentant le tableau de ses opérations, le capitaine Macviccar faisait remarquer que l’abolition des sacrifices humains n’impliquait aucun changement dans la religion des Khonds, aucune idée de progrès moral. Sous beaucoup de formes symboliques et de noms divers, la divinité que ces montagnards adorent est toujours la terrible Dourgha des Indous, cette divinité hostile qu’on apaise à force de sang et qui accepte seulement lorsqu’elle y est forcée, la substitution du sang des animaux à celui des hommes. ”
James Fergusson, Les monuments mégalithiques de tous pays… (1878)
“ INDE ORIENTALE. De ces généralités, il nous faut passer à deux exemples qui viennent plus directement éclairer notre sujet. Nous devons d'abord dire un mot des Khonds, ces driuides de l'est, qui rendent leur culte à la divinité dans les bois, sacrifient des victimes humaines et conservent d'autres pratiques analogues, dignes de nos ancêtres (1) . Ces tribus se rencontrent en partie dans les plaines, en partie sur une série de collines qui limitent'du côté ouest la province de Cuttack. ”
“ Quand les gouvernants ne se montrent pas trop au-dessous de leur tâche, le peuple que l’inconnu n’attire point, et qui innove le moins possible, le peuple s’en tient volontiers à la famille régnante. Les Khonds vénèrent un Dieu Terme. Chaque année, les clans s’assemblent sur une montagne, aspergent de sang le sommet, implorent du Dieu Soleil qu’il les maintienne tels qu’étaient leurs aïeux, le supplient de leur donner des enfants semblables à leurs pères, Tels quels, ils se trouvent parfaits. Plusieurs tribus ont pris carrément, — honnêtement, allions-nous dire — la profession du vol ”
Major général John Campbell, Le Tour du monde
“ Sans avoir pour eux l’excuse de la superstition ou de l’ignorance, obéissant simplement à d’ignobles calculs, ces misérables pourvoyeurs, cent fois plus dignes de châtiments que les Khonds eux-mêmes, profitaient des époques de famine pour aller acheter dans les villages de la plaine des enfants que leurs parents, abrutis par la misère, leur livraient à vil prix. Le rapt, l’enlèvement leur étaient d’ailleurs familiers ; sous prétexte de leur fournir un travail lucratif, ils attiraient dans les montagnes les jeunes gens ou les jeunes filles mériahs. ”
Major Fridolin, Les Anglais et l’Inde. — II. — Les Écoles natives et l’Éducation des Hindous…
“ En juillet 1835, le gouvernement de Madras ayant envoyé des troupes pour forcer le rajah de Rumsur à acquitter les arrérages de son tribut, les nécessités des opérations militaires conduisirent l’expédition dans une contrée sauvage habitée par des peuplades à l’état complet de barbarie, et où l’Européen n’avait jamais pénétré. Les Khonds, race antérieure à la conquête de l’Inde par les Hindous, occupent, près de la côte nord-ouest du golfe du Bengale, un territoire d’environ 200 milles de long sur 170 milles de large. ”
“ Ainsi, les Komis de l'Arracan, criblent de flèches un taureau attaché à un pieu; hommes, femmes et enfants sucent le sang qui coule des blessures [427] . Mais, dans l'espèce, le sentiment a eu raison de la logique, et les Khonds veulent bien se contenter du sang des brebis ou des buffles égorgés au nom de Tari, pour guérir diverses maladies, telles que la démence et la possession. Quand ils en appellent aux ordalies, ou jugements de Dieu, du riz est trempé dans ce sang, et le parjure qui en goûte tombe, tué raide par la déesse. ”
“ Pour être d'ordre pratique, la raison alléguée ne nous semble pas décisive; c'est même à cause de ce caractère utilitaire que nous la tenons pour suspecte, dans un ordre de choses où le genre humain s'est rarement piqué de bon sens et de sobriété. Si les Khonds visent à l'économie quand il s'agit des femmes et des enfants, pourquoi poussent-ils à la dépense quand il y va des pères et des frères? ”
Major Fridolin, Les Anglais et l’Inde. — II. — Les Écoles natives et l’Éducation des Hindous…
“ Les tribus chez lesquelles cette pratique d’infanticide est passée dans les mœurs n’offrent pas de sacrifices humains, quoique leur religion soit fondée sur les mêmes fictions mythologiques que celle j es autres Khonds. Adoptant le dogme de l’antagonisme des deux principes du bien et du mal représentés par le dieu Soleil et la déesse la Terre, ces tribus croient n’accomplir qu’un acte de légitime défense contre le mauvais principe en diminuant le nombre des êtres dans lesquels il se trouve fatalement incarné. ”
“ Tout village, tout groupe de hameaux possède un bosquet où ni femme ni enfant n’ont droit d’entrer : il est sacré au dieu de la guerre, qui préside aux batailles entre Khonds et étrangers, mais non pas aux rixes qui peuvent éclater entre clans de même tribu. Loha, dieu du fer, s’est mué en un vieux couteau. Aux trois quarts enfoncé dans le sol, il émerge lentement quand une bataille se prépare, et rentre dans la lame quand assez de sang a été versé. Le prêtre surveille d’un œil attentif la hauteur du couteau, les mouvements de ce baromère délicat ”
“ Nos Khonds n’en font pas autant que les Thotigars de l’Inde méridionale, lesquels exigent que leurs femmes se donnent à tout venant, afin que la terre, prenant bon exemple, fasse germer les graines déposées dans son sein. ”
Camille de Renesse, Deux mois en yacht : voyage aux côtes de l'Espagne… (1899)
“ Chez nous, l'infanticide est un crime abominable. Chez les Khonds, ces peuplades qui habitent des montagnes presqu'inaccessibles aux environs de Gumsur, dans les Souras au sud de l'Hindoustan, la majeure partie des enfants du sexe féminin est vouée à la mort en naissant. On n'épargne une fille, qu'autant qu'elle, vienne au monde la première. Ils font cela sans remords et tout naturellement, comme ils noieraient de jeunes chats, persuadés que leur dieu Boura n'ayant qu'une cértaine portion d'âmes à distribuer à chaque génération, en donnera plus aux hommes s'il y a moins de femmes à pourvoir. ”
Major général John Campbell, Le Tour du monde
“ Indigènes du Khondistan. — Dessin de Castelli d’après sir John Campbell. Je retrouve dans mes notes de cette époque ce fait assez curieux que quatre montagnards khonds épris d’autant de femmes mériahs vinrent avec elles chercher asile dans mon camp, préférant ainsi quitter leur pays et leurs familles, plutôt que de faire courir à leurs femmes, plus ou moins légitimes et aux enfants qu’ils avaient d’elles, le risque de tomber sous le couteau des prêtres. ”
“ Quand ils se virent refoulés par les canonniers et carabiniers, les théologiens khonds firent la découverte opportune que Tari avait recommandé, mais non point commandé, qu'on lui apportât des victimes humaines, et que d'autres offrandes, singes, guenons ou cochons sauvages, lui conviendraient presque aussi bien. Ils s'aperçurent, au bon moment, que la chair mériah est supérieure aux autres relativement, mais non pas absolument; que la tête d'un homme vaut plus qu'une dizaine de têtes bovines, moins qu'une centaine. ”
Major général John Campbell, Le Tour du monde
“ Deux femmes khonds s’étaient aussi échappées de Bundari pour suivre deux jeunes gens désignés Mériahs. Elles prétendaient avoir obéi à un simple sentiment d’humanité, mais tout porte à croire qu’une passion plus vive était en jeu. Je pourrais mentionner quelques autres évasions du même genre, plus rares en somme qu’on aurait dû s’y attendre et ceci de par la croyance généralement reçue que l’être voué au sacrifice et nourri des aliments qu’on lui sert comme tel, ne doit et ne peut plus chercher à se soustraire au sort qui lui est réservé. ”
Jean-François de La Harpe,
Abrégé de l’histoire générale des voyages…
“ Khotan, à deux journées de route à l’est d’Yerkend, a été la capitale d’un état qui paraît avoir conservé son indépendance jusqu’à l’invasion des Mongols. Ses environs étaient couverts de monastères où les boudistes des pays plus orientaux allaient chercher les livres sacrés et les traditions de leur croyance. Les rivières qui arrosaient les pays arrachaient du flanc des montagnes la célèbre pierre de Kasch ou le jaspe antique qui, dès les premiers âges du monde, était transporté de là dans toute l’Asie et la calcédoine. ”
“ Le Khond, lui aussi, préfère sacrifier la vie des autres que la sienne; déjà ses concitoyens célèbrent sa générosité quand il achète des créatures humaines pour en régaler les Dieux. Qui voulait se rendre populaire et mériter la faveur céleste, annonçait qu'à tel jour il ferait égorger une ou plusieurs victimes. Des familles, des villages, des tribus se cotisaient pour donner à leurs saints, patrons et protecteurs, un large festin, magnifique autodafé. En théorie, on préférait les sujets mâles aux femelles, et plus beaux on les présentait, plus l'offrande avait de prix. ”
Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang (1878)
“ Presque toujours ce mot s’ajoute à la suite du nom du souverain : Gengis-khan, Mohammed-khan. Quelques-uns de ces khans étendirent au moyen âge leur domination sur une grande partie de l’Asie. Auj. la plupart ne sont plus que de simples gouverneurs de provinces ou des officiers à la solde de la Russie et de la Perse. Les seuls khans indépendants qui subsistent encore habitent dans le Turkestan et le pays des Kirghiz ; les principaux sont les khans de Boukhara, de Khiva, de Bafk. Au moyen âge, on connaît surtout les khans des Avares, de Kaptchack, de Kazan, d’Astracan, de Crimée, etc. ”
“ Pour le Khond, homme conscient de sa noble destinée, il n'est plus belle occupation que la guerre et l'agriculture. Il méprise toutes les industries qui se pratiquent par assis, tous les métiers dans lesquels on vieillit à son aise. La charrue le repose des combats, et les combats le restaurent après les labeurs de la charrue. Chez ce peuple singulier, la guerre ne coupe pas court aux relations entre familles et tribus ennemies, aux galanteries et aux demandes en mariage. Même les noces ne sont pas renvoyées à la conclusion de la paix ”
Joseph-François Michaud,
Correspondance d’Orient, 1830-1831
“ Lorsque les voyageurs venus d’Europe, pénètrent dans l’Asie-Mineure, les khans deviennent leur seul asile pour se reposer de leurs fatigues. Dans tous les lieux où il n’existe point de khans, où la fortune ne vous fait point rencontrer le toit d’un café, cet Orient si hospitalier ne vous offre d’autres ressources que l’eau de ses fontaines, d’autre abri et d’autre toit, que le dôme de ses platanes et l’azur sont beau ciel. Nous en ferons bientôt l’épreuve ; vous recevrez quelquefois de nous des, lettres écrites dans le désert, à l’ombre d’un cyprès ou d’un sycomare. ”
Mountstuart Elphinstone,
Tableau du royaume de Caboul et de ses dépendances dans la Perse…
(1817)
“ Le nom d'oulouss cst donné également à une tribu entière ou à l'une de ses branches indépendantes. Chaque branche a son chef, qui est subordonné au chef de l'oulouss : elle se partage elle-même en plusieurs subdivisions, toutes gouvernées par des chefs. Le chef d'un oulouss a le titre de khan; il est toujours choisi dans la famille la plus ancienne. Presque toujours le choix dépend du roi, qui peut révoquer un khan à volonté, et mettre un de ses parens à sa place. Dans quelques oulouss, le khan est nommé par le peuple. ”
Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang (1878)
“ En 1206, Gengis-Khan réunit sous sa domination les diverses tribus mongoles et, après avoir conquis sur les Tartares l'Asie centrale, soumit par lui-même ou par ses fils le Kharizm, la Perse et la moitié au moins de la Russie d'Europe; il mourut (1227) au moment de s'emparer de la Chine méridionale, que subjuguèrent ses successeurs. Cet empire est le plus vaste qui ait jamais existé; mais dès 1227 il se partagea en 4 grands royaumes : Kaptchak, Iran ou Perse, Djagathaï, Mongolie-propre-et-Chine; les chefs des trois premiers États se nommaient khans ”
Major général John Campbell, Le Tour du monde
“ Les tribus du Khondistan, placées depuis près de quarante ans sous l’autorité nominale de la Grande-Bretagne mais soustraites en réalité à tout contrôle efficace, perpétuaient chez elles un des rites les plus monstrueux et les plus bizarres dont se soit jamais avisé, dans ses déviations infinies, cet instinct de l’âme humaine qui se livre aux inspirations du fanatisme et aux conseils aveugles de la superstition. ”
Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang (1878)
“ KOUNDOUZ, v. du Turkestan indépendant, ch.-l. de khanat, à 130 kil. S. E. de Balk, sur la r. g. du Benghi ; 2000 hab. Résidence d’un émir. Environs fertiles. — Le khanat de Koundouz est compris dans le Kaféristan ; il embrasse tous les pays situés dans le bassin du Ht-Oxus et une partie de celui de la Kama, affluent du Kaboul. KOUNGOUR, v. de la Russie d’Europe (Perm) , à 70 kil. S. E. de Perm ; 6000 hab. Savon, tanneries ; grains, albâtre. Fondée en 1047, détruite par les Baskirs, puis rebâtie en 1663. KOUOPIO, v. de la Russie d’Europe (Finlande) , ch.-l. de gouvt, à 290 k. E. de Vasa ”
Félix de Rocca, De l'Alaï à l'Amou-Daria, par Félix de Rocca… (1896)
“ L'histoire du khanat n'offre, qu'une longue, suite de révoltes, de massacres, de conjurations et de perfidies, de meurtres et d'atrocités inouïes. Les khans et leurs dignitaires, les hakims et les begs, se font les bourreaux des sujets, véritables troupeaux de bêtes, qui ne vivent et ne travaillent que pour être égorgés sans pitié au premier caprice du maître. Le dernier khan, Khoudoïar, longtemps sous la tutelle d'un régent, prit le pouvoir en 1850, mais devint bientôt le jouet des partis : Sartes, Ouzbeg, Kiptchaks se le dis¬ putaient tour à tour. ”
Mountstuart Elphinstone,
Tableau du royaume de Caboul et de ses dépendances dans la Perse…
“ Il arrive, mais rarement, que le khan établit un pouvoir despotique, et qu’il est imité par ses subordonnés ; mais, le plus souvent, les chefs ne sont pas même consultés ; chaque subdivision, même chaque famille, se rend indépendante, et se comporte suivant ses intérêts ou ses caprices. ”
Léon Tolstoï,
Hadji Mourad et autres contes
“ Écris : je suis né à Tselmess, un petit aoul, pas plus grand qu’une tête d’âne, comme on dit chez nous, commença-t-il. Non loin de là, à deux portées de fusil, se trouve Khounzakh, où les Khans vivaient. Notre famille était très liée avec eux. Quand ma mère mit au monde mon frère aîné, Osman, elle fut prise comme nourrice du fils aîné du Khan, Abounountzan Khan. Plus tard elle a encore nourri un autre fils du Khan, Oulim Khan. Elle l’a très bien nourri, mais mon second frère, Akhmet, mourut. Quand je naquis, la femme du Khan mit aussi un enfant au monde, Boulatch Khan. ”
