François-René de Chateaubriand,
Vie de Rancé
“ Le monde accourait à la Trappe, la cour pour voir le vieil homme converti, pour en rire ou pour l’admirer, les savants pour causer avec le savant ; les prêtres pour s’instruire aux leçons de la pénitence. Jean-Baptiste Thiers fut du nombre des pèlerins ; il se moquait de tout, même lorsqu’il était sérieux. L’abstinence des trappistes et leur vie muette ne lui convenaient guère ; mais il y trouvait du nouveau, et la nouveauté l’alléchait : il écrivit l’Apologie de l’abbé de la Trappe. Rancé s’y opposait assez, quoiqu’il fût bien aise d’avoir un défenseur de l’esprit et du savoir de Thiers. ”
