G. Goeau-Brissonnière

Résumé

G. Goeau-Brissonnière Le bulletin blanc (1870)

Le piège est habilement tendu. Dire non, c'est dire non à la mort (en effigie tout au moins) du pouvoir personnel, c'est dire non au gouvernement parlementaire, non à la responsabilité ministérielle, non à toutes les restitutions que le dictateur de 1852 a été contraint de faire au peuple. Si les non étaient par impossible en majorité, ce serait la révolution et personne n'en veut.
Dire oui, c'est dire oui au maintien du Sénat dans les absurdes conditions où il est établi, c'est dire oui à une constitution inamovible, oui au plébiscite en permanence, oui au 2 décembre !
Source : Gallica

G. Goeau-Brissonnière Le bulletin blanc (1870)

Que ferons-nous? se demande-t-on, et il est bien à craindre que, ne sachant comment agir, beaucoup s'abstiennent. S'abstenir, en toutes choses, et en politique plus qu'en toute autre chose, c'est un parti facile à prendre. Comme cela, point de raisons à peser, point de parti à prendre, point de responsabilité, point de dérangement: on s'endort d'un sommeil égoïste et on est tout étonné un jour de s'éveiller d'un terrible réveil.
Allons donc au scrutin ! mais allons-y munis d'un bulletin blanc. Ne portons ni un oui, ni un non.
Source : Gallica

G. Goeau-Brissonnière Le bulletin blanc (1870)

Pour l'avenir, le plébiscite est insoutenable; pour le présent, on a essayé de le justifier en s'appuyant sur la nécessité. Il est indispensable, dit-on, de recourir au peuple pour modifier ce que le peuple a établi. Hypocrites, vous savez bien que le peuple ne s'occupe guère de ce qu'il a fait jadis, et que, pourvu qu'on donne satisfaction à ses désirs, il ne s'inquiète point de la procédure, comme un huissier méticuleux qui craint une nullité pour un vice de forme. Ce qui est écrit dans la Constitution, que nous importe, pourvu que la pratique réponde à nos voeux.
Source : Gallica

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