Résumé

Portrait de G. Valbert G. Valbert Revue des Deux Mondes tome 96, 1889

Devenu riche, il travaille encore, et non seulement il travaille beaucoup, il travaille bien. Qu’il soit administrateur ou soldat, industriel ou commerçant, peintre ou sculpteur, il éprouve le besoin de faire en conscience tout ce qu’il fait et de s’honorer dans l’œuvre de ses mains. D’autres sentent davantage le prix de l’inutile ; utilitaire dans le sens le plus noble du mot, il fait volontiers servir son bonheur à celui d’autrui, il assure à l’Alsace une part dans ses joies et il paie son impôt à la félicité publique.
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Portrait de G. Valbert G. Valbert Revue des Deux Mondes tome 96, 1889

Le régime allemand tend à ramener l’Alsace en arrière. Quel que soit son degré de culture, chaque Alsacien a conscience de cet effet. Il nous semble à tous que nous soyons, par l’opération du traité de Francfort, revenus à quelque existence antérieure, dont nous aurions gardé le souvenir confus. On nous réintègre petit à petit dans la dépouille de nos aïeux, si bien que la révolution, que nous avions l’habitude de regarder dans le passé, commence à poindre pour nous sur l’autre bord, du côté de l’avenir.
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Par son tempérament, par sa constitution morale, par ses idées, par les habitudes de son esprit, l’Alsacien est un peuple essentiellement mixte. Le prix qu’on attache à la pureté de la race est une superstition ; c’est par d’heureux croisemens que s’améliore l’espèce humaine. Comme on l’a dit, l’Alsace, celtique dans l’origine, fut welche jusqu’au IXe siècle, et elle revint à ses destinées primitives lorsque deux cents ans durant, le Rhin la sépara de nouveau de l’Allemagne. Comme on l’a dit aussi, l’annexion de l’Alsace à la France fut un chef-d’œuvre de politique intelligente et généreuse.
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