Goblet d’Alviella

Résumé

Goblet d’Alviella Revue des Deux Mondes

Le symbolisme se mêle à toute notre vie intellectuelle et sociale, depuis les poignées de main que nous distribuons au matin jusqu’aux applaudissemens dont nous gratifions l’acteur du soir. Les arts ne font que du symbolisme, alors même qu’ils prétendent s’en tenir à l’imitation servile de la nature. C’est en symboles que nous parlons, que nous écrivons, — et même que nous pensons, s’il faut en croire les systèmes philosophiques qui se fondent sur notre impuissance à saisir la réalité des choses.
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Goblet d’Alviella Revue des Deux Mondes

On pourrait définir le symbole : une représentation qui ne vise pas à être une reproduction. La reproduction suppose que le signe représentatif est identique ou du moins semblable à l’objet représenté ; le symbolisme exige uniquement que l’un puisse rappeler l’autre, par une association d’idées naturelle ou convenue. En ce sens, il n’y a rien qui ne puisse fournir la matière d’un symbole. Nous vivons au milieu de représentations symboliques, depuis le drapeau qui flotte sur nos monumens jusqu’au billet de banque qui se trouve dans notre coffre-fort.
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Quand les chrétiens et les bouddbistes concentraient sur l’image de leur Maître respectif les principaux, attributs du Soleil, à commencer par ce nimbe dont le prototype remonte aux auréoles gravées sur les monumens chaldéens, entendaient-ils rendre hommage à l’astre du jour ? En réalité, ils prétendaient uniquement reporter sur la physionomie vénérée de leur fondateur le symbole qui non-seulement a formé, de temps immémorial, une image de la gloire céleste, mais qui encore caractérisait d’une façon spéciale, dans les cultes contemporains, la personnification la plus haute de la divinité.
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