Résumé

A. Maury Revue des Deux Mondes

Avant que les dernières découvertes des égyptologues eussent jeté un jour précieux sur la chronologie des premières dynasties, sur les transformations et les altérations qui se sont opérées dans la langue, dans les institutions, dans le culte et les arts des Égyptiens, on se figurait que tout avait été immuable parmi eux. On prenait la vieille Égypte en bloc comme un monolithe historique qu’il fallait tirer du sable dans lequel il était enfoui, et l’on ne distinguait ni les localités ni les époques.
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A. Maury Revue des Deux Mondes

Peut-on croire que ce pays, dont les ruines font maintenant, avec le blé, la seule richesse, ait dicté jadis des lois à une partie de l’Asie, instruit les philosophes de la Grèce, imposé plusieurs de ses croyances à l’empire romain et tenu en esclavage les tribus d’où devait sortir la lumière du monde? Pour pénétrer le mystère de si grandes vicissitudes, il faut descendre dans le détail de l’histoire d’Égypte et suivre dans les annales de sa littérature, de sa religion et de ses arts le mouvement qui a si complètement cessé aujourd’hui.
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A. Maury Revue des Deux Mondes

I. — LA LANGUE ÉGYPTIENNE. Ce fut peut-être une heureuse erreur que celle où tombèrent les érudits qui, au moment des premiers travaux sur l’Égypte, attribuèrent à ce pays, à tout ce qui en était sorti, une immobilité absolue. Comme nous ne possédions sur l’Égypte antique que des renseignemens comparativement assez modernes, si l’on avait été arrêté par la crainte de commettre des anachronismes, on n’aurait absolument rien découvert. Celui qu’on peut appeler le grand mystagogue de la philologie égyptienne, Champollion, n’aurait pas fait deux pas en avant.
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