Jean Bruno

Résumé

Jean Bruno La reine des pieuvres (1866)

Le vieux jardinier, qui savait depuis longtemps ce que ce geste signifiait, tendit la main en rougissant; mais il vit avec stupeur Machavoine tirer son mouchoir et s'essuyer le front. Une larme de désespoir roula sur la face brunie du vieillard, et, après avoir salué, il se retira en murmurant d'un ton navré :
— Allons ! je l'ai rencontré trop tard ; quelqu'un avait déjà profité de sa générosité...
Pour la première fois de sa vie le philosophe venait, en possédant de l'argent dans sa poche, de rester sourd à un appel fait à sa philanthropie.
Source : Gallica

Jean Bruno La reine des pieuvres (1866)

La pieuvre, pourpre d'impatience et de colère, vint chercher des nouvelles de Paul au café Mazarin, où elle espérait trouver Rigobert.
Elle n'y rencontra que Turette Fromageot.
— Vous cherchez sans doute votre petit baron? lui dit la grosse fille en ricanant.
Turette, exécutée depuis deux jours, n'avait plus rien à redouter de son impitoyable créancière.
— Je ne parle pas à des femmes de votre espèce, répondit Nina avec un suprême dédain.
— Ne soyez pas si fière, ma mie, reprit la grosse fille; votre amant vous a plantée là...
Source : Gallica

Jean Bruno La reine des pieuvres (1866)

Mais devant l'admirable simplicité de madame de Cherlieu, devant sa confiance absolue, devant la pure expression de ses regards, Rigobert avait senti se réveiller en lui quelques-uns des généreux sentiments qui sommeillent toujours au fond du coeur des hommes les plus corrompus, et il lui avait aussitôt voué un dévouement sans bornes.
Mais les actes du courtier n'étaient malheureusement pas toujours en harmonie avec ses intentions. Habitué à vivre au milieu du monde équivoque qui trône sur l'asphalte des boulevards opulents, il ne pouvait se défaire tout d'un coup de ses habitudes communes.
Source : Gallica

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