Résumé

Jean Charles Léonard Simonde de Sismondi Histoire de la chute de l'Empire romain et du déclin de la civilisation… (1835)

Mahomet ne fondoit ni la liberté ni le despotisme : accoutumé à la première, il ne vouloit pas non plus effaroucher le second par des décisions qui lui fussent trop contraires. Mais un homme de génie, au moment où il fonde un empire, où il dirige une puissante révolution, se soumet difficilement aux formes républicaines, qui gênent ses conceptions et arrêtent l'exécution de ses plus sublimes projets, ou qui le forcent à révéler au public le secret plus intime de sa pensée. Par ces formes, on obtient l'expression de la volonté et de la prudence d'une moyenne dans l'espèce humaine.
Source : Gallica

Jean Charles Léonard Simonde de Sismondi Histoire de la chute de l'Empire romain et du déclin de la civilisation… (1835)

L'avantage immense que les châteaux-forts et l'armure chevaleresque assurèrent au noble sur le roturier causa un très grand mal moral, en détruisant tout sentiment de fraternité et d' égalité entre les hommes : mais la fierté que cette même armure inspira au chevalier vis-àvis de ses égaux, le sentiment d'indépendance qu'elle contribua à nourrir, la confiance dont il se pénétra dans sa propre importance et dans ses propres droits, ennoblirent le caractère national, et rendirent aux Francs ce qui leur avoit manqué dans le siècle précédent, la conscience de la dignité humaine.
Source : Gallica

Jean Charles Léonard Simonde de Sismondi Histoire de la chute de l'Empire romain et du déclin de la civilisation… (1835)

Une nation dont le prophète, dont le législateur ne savoit pas écrire, se trouva, au bout d'un siècle, seule active dans le monde savant, seule propre aux découvertes, seule occupée d'accroître sans cessé le fonds des connoissances humaines que les Grecs ou les Latins auraient dû conserver, mais qu'ils laissoient dépérir. On ne saurait prévoir jusqu'où serait parvenu le génie ardent d'un peuple du Midi, qui s'élançoit avec tant de vigueur dans la carrière, s'il n'avoit bientôt été arrêté par les bornes de la politique, puis resserré de tous côtés par la jalousie du pouvoir.
Source : Gallica

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