“ Les Alides respirèrent et crurent leur heure venue. C’était en s’appuyant sur eux et comme en leur nom que les Abbassides avaient lutté, et ils crurent que la victoire était pour eux. Ils furent vite et cruellement désabusés. Les Abbassides appartenaient comme eux à la famille de Mahomet : ils descendaient d’un nommé Abbas, oncle du Prophète. Tant que la lutte durait, ils avaient caché leurs prétentions personnelles ; ils s’étaient donnés comme les vengeurs d’Ali et de ses fils ; ils avaient surexcité le fanatisme alide, qui avait armé pour eux la Perse entière ”
Abbassides
Définition et enjeux
Les Abbassides constituent une dynastie islamique majeure, qui a dirigé le califat entre le VIIIe et le XIIIe siècle. Leur montée au pouvoir, marquée par une alliance stratégique avec les intellectuels perses, transforma Bagdad en un centre culturel et scientifique, comme le souligne E. Dulaurier.
Edward Gibbon met en évidence leur prudence politique et leur rôle dans la transmission des connaissances grecques, tandis qu’Adalbert de Beaumont évoque l’essor intellectuel qu’ils ont inspiré en Asie-Mineure. Leur héritage, même après la chute de Bagdad, persista jusqu’au XVe siècle, comme le note Bouillet, illustrant leur influence durable sur la civilisation arabo-musulmane.
Citations sur “Abbassides”
E. Dulaurier, Revue des Deux Mondes
“ Une armée, recrutée en majeure partie de Persans, s’avança vers l’Euphrate, et mit fin au règne des Ommyades. Les Abbassides, qui leur succédèrent dans le khalifat, apportèrent sur le trône cet amour éclairé des lettres et des sciences, ces habitudes d’une civilisation élégante et raffinée qu’ils avaient puisées dans les pays où ils avaient long temps vécu. ”
Louis Gaultier, Leçons de chronologie et d'histoire de l'abbé Gaultier… (1875)
“ Premiers culifes Abbassides. — Aboul-Abbas, pour assurer sa puissance, fait égorger quatre-vingts membres de la famille des Ommiades. Mais, après le règne de ce chef sanguinaire, qui ne dure que quatre ans, commence une série de règnes qui illustrèrent la dynastie des Abbassides. Le frère d'Aboul-Abbas, Abou-Giafar, à qui sa valeur a mérité le surnom d'Al-Mansor (l'Invincible) , encourage par sa protection les lettres et les sciences, fait faire des traductions arabes des auteurs grecs, et fonde Bagdad (762) , qui devint la capitale du califat d'Orient. 30. Le calife llaroun-al-Raschid. ”
Edward Gibbon,
Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain
(1819)
“ De ces descendans du prophète, les Fatimites étaient inconsidérés ou pusillanimes ; mais les Abbassides nourrissaient avec courage et avec prudence les espérances de leur fortune. Du fond de la Syrie, où ils menaient une vie obscure, ils firent partir en secret des agens et des missionnaires qui prêchèrent dans les provinces d’Orient leur droit héréditaire et irrévocable ; Mohammed, fils d’Ali, fils d’Abdallah, fils d’Abbas, oncle du prophète, donna audience aux députés du Khorasan, et reçut d’eux un présent de quarante mille pièces d’or. ”
Adalbert de Beaumont,
Les Arts décoratifs en Orient et en France…
“ Ses descendans purent développer dans les loisirs de l’exil et au milieu des exemples de la civilisation persane les goûts élevés qu’il leur avait transmis. Ils suivirent les cours de la fameuse école de Djondi-Sapour, fondée par Chosroès le Grand, et s’initièrent aux secrets des sciences, des arts, de la philosophie. C’est là qu’ils puisèrent la passion de l’étude, et qu’ils apprirent comment il fallait gouverner les peuples. A peine les Abbassides sont-ils montés sur le trône des califes qu’un grand mouvement intellectuel se produit dans toute l’Asie-Mineure. ”
Pierre Foncin,
Géographie historique (leçons en regard des cartes…
(1888)
“ Les Abbassides de Bagdad. - Les Abbassides s'établirent dans une ville nouvelle, Bagdad, qui, placée non loin de l'ancienne Babylone, sur la route naturelle de l'Euphrate entre la Méditerranée et l'extrême Orient, devint une grande ville de commerce où les épices de l'Inde et les soies de la Chine s'échangeaient contre les produits de l'Occident. ”
Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang (1878)
“ Cependant ils conservèrent, même après la prise de Bagdad, le titre de califes et le pouvoir spirituel. Réfugiés en Égypte, ils ne s’y éteignirent qu’en 1538. L’Histoire des Abbassides a été écrite par Dozy, Leyde, 1846, en latin. ”
“ La période de transformation part des Abbassides et finit à la rupture définitive entre les khalifes de Cordoue et les khalifes d’Orient. Les anciens manuscrits sont recherchés : Al-Farabi, Al-Gazel, Averroès vulgarisent la philosophie grecque ; les sciences mathématiques et naturelles progressent considérablement pour ces temps ; la poésie est en grand honneur ; l’architecture fleurit dans un style à la fois étrange et splendide ; enfin, les savants et les poëtes arabes apportent, par l’Espagne, les éléments qui manquaient au complet développement du foyer occidental ou européen. ”
Edward Gibbon,
Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain
(1819)
“ À la tête de ces vétérans, son fils Noureddin réunit insensiblement les possessions mahométanes, ajouta le royaume de Damas à celui d’Alep, et fit avec succès une longue guerre aux chrétiens de la Syrie. Il étendit son vaste empire depuis le Tigre jusqu’au Nil ; et les Abbassides décorèrent leur fidèle serviteur du titre et des prérogatives de la royauté. Les Latins eux-mêmes admirèrent la sagesse, la valeur, et même l’équité et la dévotion de cet implacable adversaire [41] . ”
Louis Reybaud,
La Syrie, l'Égypte, la Palestine et la Judée…
(1839)
“ Au lieu de combattre, on transigea ; mais après quelques trahisons et une foule de luttes de détail, l'Égypte resta à Nour-ed-Dyn, ou plutôt à son lieutenant Salah-ed-Dyn, le Saladin de nos auteurs, qui s'y déclara indépendant et fonda la dynastie des Ayoubites. Le dernier des Fatimites, El-Aded, fut dépossédé sans le moindre obstacle, un jour entre deux prières ; et après une longue scission religieuse entre les Abbassides et les Fatimites, l'islamisme revint à l'unité des croyances. Désormais les Abbassides furent les seuls chefs du culte musulman en Orient. ”
Gaston Des Godins de Souhesmes, Tunis, histoire, moeurs, gouvernement… (1875)
“ Détrônés par les Abbassides , les Ommiades se réfugièrent à Cordoue où ils fondèrent un Etat nouveau. Les Abbassides descendaient de la famille du Prophète par Abbas, oncle de Mohammed, et ils eurent pour chef un arrière petil-fils de cet Abbas, nommé Aboul-Abbas-al-Saffab. Ils perdirent toute puissance temporelle pour ne conserver que le pouvoir spirituel quand l'un d'eux, Al-Rhadi-Billah, eut créé la dignité d'Emir-al-Omrah. (Chef des Chefs.) Les Aglabites qui siégeaient à Kuïrouan, près de Tunis, avaient pour fondateur Ibrahim-ben-Aglab que Haroun-alRaschid nomma gouverneur de l'Afrique. ”
Edward Gibbon,
Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain
(1819)
“ Dans le dernier siècle des Abbassides, leur puissance temporelle se rétablit un peu ; mais elle était bornée à la ville de Bagdad et aux provinces des environs. Leurs tyrans, les descendans de Seljouk, avaient éprouvé, comme toutes les dynasties asiatiques, les vicissitudes de la valeur, de la puissance, de la discorde, de la faiblesse et de la décadence. Leurs forces ni leur courage ne suffisaient pas à la défense de la religion ; et Sangiar, le dernier héros de leur race, retiré au fond de la Perse, n’était pas même connu de nom des chrétiens orientaux [38] . [Les Atabeks de Syrie.] ”
Gustave Ducoudray, Histoire générale, depuis l'invasion des barbares jusqu'en 1610… (1883)
“ Dynastie des Abbassides (250) ; Démembrement del empire arabe (955) ; les Abbassides à Bagdad; les Ommiades à Cordoue. - L'empire avait dix-huit cents lieues de lung; une si grande quantité de pays conquis en un siècle ne pouvait former un corps compact, uni ; les gouverneurs de provinces ne demandaient qu'à se rendre indépendant ; des révoltes éclatèrent ; au centre même les anciennes divisions reparurent et précipitèrent la dislocation inévitable de l'empire arabe. ”
Jean Charles Léonard Simonde de Sismondi, Histoire de la chute de l'Empire romain et du déclin de la civilisation… (1835)
“ Après de longues et cruelles guerres civiles, Mervan II, le dernier des Ommiades, dont on vante cependant les talens et les vertus , succomba, et fut tué en Egypte, le 10 février 750. Aboul Abbas, le premier des Abbassides, lui fut donné pour successeur, par Abu Moslem, le vrai chef du parti, le faiseur de rois, comme il est appelé, ou l'auteur de la vocation des Abbassides. Le trône du nouveau khalife, et celui de son premier successeur, furent affermis par les victoires d'Abu Moslem. Les Ommiades, vaincus, acceptèrent la paix qui leur étoit offerte ; ils se fièrent aux sermens de leur rival. ”
Edward Gibbon,
Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain
(1819)
“ Les nations respectaient toujours en eux les successeurs de l’apôtre, les oracles de la loi ou de la conscience des fidèles ; la faiblesse et la division de leurs tyrans leur rendirent quelquefois la souveraineté de Bagdad. Mais leur malheur s’était accru du triomphe des fatimites, descendans vrais ou faux d’Ali : ces rivaux fortunés, venus des extrémités de l’Afrique, avaient anéanti en Égypte et en Syrie l’autorité spirituelle et temporelle des Abbassides, et le monarque du Nil insultait l’humble pontife des bords du Tigre. ”
Théodore Bachelet, Histoire du Moyen âge (classe de 3e… (1870)
“ CAUSES DE LA DÉCADENCE DES ABBASSIDES. — Après Haroun, l'Empire des Abbassides tomba en décadence. On en peut donner cinq causes principales : les progrès du luxe, la faiblesse des califes, les schismes religieux, les insurrections des provinces, et les invasions étrangères. 1° Progrès du luxe. — Un luxe excessif est toujours le signe de la décrépitude des États. Un calife abbasside dépensa six millions de dinars (1) dans un pèlerinage à La Mecque ”
Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain…
“ Leurs fils furent élevés dans les vices des rois, et les Abbassides recouvrèrent la Syrie et l’Égypte qu’ils possédèrent encore trente ans. Dans le déclin de leur empire, les princes arabes de la tribu de Hamadan s’emparèrent de la Mésopotamie et des villes importantes de Mosul et d’Alep. [Les Hamadanites. A. D. 892-1001.] En vain les poètes de la cour des Hamadanites répétaient sans rougir que la nature avait fait leur visage sur le modèle de la beauté, qu’elle avait formé leur langue pour l’éloquence, et leurs mains pour la libéralité et la valeur ”
Anonyme, Les Mille et Une Nuits
“ Le calife commanda ensuite au wali de faire pendre Alaeddin, et de le conduire sur-le-champ au supplice. Le wali et ses gens emmenèrent Alaeddin, et s’avancèrent vers le lieu de l’exécution, précédés d’un crieur, qui publioit dans toutes les rues par où ils passoient : « Voilà la récompense de ceux qui osent trahir les califes de la maison des Abbassides. » Tout le peuple de Bagdad se porta avec empressement vers la place où alloit se faire l’exécution. ”
Nadra Moutran, La Syrie de demain. France et Syrie… (1916)
“ La plupart des treize premiers descendants d'Ali furent victimes soit des Ommiades, puis des Abbassides, qui voyaient en eux de dangereux concurrents au khilafat, soit de leurs propres partisans qui les abandonnaient après les avoir poussés à réclamer leurs ■droits à la succession du Prophète. ”
Théodore Bachelet, Histoire du Moyen âge (classe de 3e… (1870)
“ Un autre jouait aux échecs quand on lui apprit que des rebelles menaçaient Bagdad : « Laissez-moi, dit-il ; une seule distraction pourrait m'empêcher de faire mon adversaire échec et mat. » Les Abbassides confièrent, depuis l'an 841, le soin de leur défense à 50,000 hommes recrutés dans le Turkestan ; le chef de cette garde turque fut le véritable maître de l'Empire, comme le commandant des Prétoriens à Rome, et, des cinquante-six califes qui régnèrent depuis Mahomet, quarantedeux perdirent par des révolutions militaires le trône ou la vie. ”
Louis Moréri,
Le grand dictionnaire historique…
“ ABOUBECRE Mohammed, fils de Thagage, Turc de nation, surnommé Achschid, se rendit si redoutable sous l’empire des Abbassides, que Radhi, vingtiéme calife de cette famille, ne put pas empêcher qu’il ne se rendît maître de la Syrie & de l’Egypte. Caher, prédécesseur de Radhi, lui avoit autrefois donné le gouvernement d’Egypte, puis l’en avoit dépossédé. Mais les forces & l’autorité des califes s’étant beaucoup affoiblies, Achschid, qui étoit très-vaillant & très-vigilant, s’empara de ces provinces, & les gouverna avec un pouvoir absolu. ”
Bibliothèque nationale, Trésors de Chine et de Haute Asie… (1979)
“ Dès le VIIIe siècle, l'empire islamique entreprit une immense extension, vers l'Ouest jusqu'en Espagne, vers l'Est jusqu'à l'Indus ; en 751, les Chinois se heurtèrent à leur tour à l'avance des Arabes ; ces derniers, victorieux à Talas, se rendirent maîtres du Turkestan. Dès ce moment, la dynastie des Abbassides (750-1258) , fixée au coeur de l'Iraq, à Bagdad, connut, notamment sous le règne d'Haroun al-Rachid, une ère de prospérité et une brillante civilisation ”
“ De Mahomet aux Abbassides, les forces, disséminées jusqu’à l’individualisme le plus absolu, se sont concentrées sous l’autorité toute-puissante du khalifat. Les Arabes ont vaincu les dissidents intérieurs, et les ennemis extérieurs ; ils ont conquis des territoires immenses, dompté des peuples nombreux ”
Alexis Favrot, Mahomet : les sciences chez les arabes (1866)
“ Sous les khalifes Abbassides, comme on l'a fort bien dit, une noble émulation et, par-dessus tout, l'exemple et la protection du souverain dissipèrent l'ignorance et la grossièreté que l'on pouvait reprocher aux Arabes. L'on vit naître alors ce grand nombre d'écrits de tout genre, source d'une infinité d'autres qui ont fait de la langue arabe la langue savante de l'Orient et de tous les Etats musulmans. ”
Gustave Ducoudray, Histoire générale, depuis l'invasion des barbares jusqu'en 1610… (1883)
“ AbDul-Abbas renversa le calife Merwan, fonda la dynastie des Abbassidés (750) , et extermina toute la famille des Ommiades 1. Un jeune prince, de la famille des Ommiades, Abd-ElRaman, avait échappé au massacre : il s'enfuit en Afrique où il erra de désert en désert, de tribu en tribu; puis, passa en Espagne où les clieiks syriens le proclamèrent émir (755) ; les Abassides ne pouvaient étendre leur main si loin et perdirent l'Occident, qui forma un califat distinct, appelé le califat de Cordoue. L'Afrique se détacha également de l'empire ”
E. Dulaurier, Revue des Deux Mondes
“ La révolution et les désordres qui, à partir du XIe siècle, agitèrent l’empire des Abbassides envahi par1es peuples barbares sortis de l’Asie centrale, l’état de faiblesse et d’avilissement dans lequel était tombé le khalifat, dominé au sein même de sa capitale par les milices turkes, qu’il appelait pour le protéger, durent porter un coup fatal aux études dont Bagdad avait été jusque là le foyer, et d’où elles rayonnaient dans les différentes parties du monde musulman. ”
Pierre de Coubertin,
Histoire universelle — Tome I
“ Darmesteter a pu écrire en toute vérité que « l’islam de la Perse n’est point l’islam » mais bien « sa vieille religion encadrée de formules musulmanes ». La pensée persane demeura donc vivante et libre. Comme, d’autre part, les Arabes s’abstinrent toujours de chercher à coloniser l’Iran soit par répugnance instinctive soit par certitude d’y échouer, le développement de la race ne subit sous leur domination aucune atteinte. Le cadre de cette domination fut créé par l’initiative d’Aboul Abbas qui inaugura la dynastie dite des Abbassides. ”
Encyclopédie populaire : répertoire des connaissances humaines à la portée de toutes les classes… (1845)
“ Son arrière petit-fils Aboul-Abbas fonda la dynastie des Abbassides. (Voy. ce mot.) ABBAS Ier, dit le Grand, de la dynastie des Sophis ou Séféwiés, troisième fils de Mohammed Rhoda-Bendeh et septième schah de Perse, était à peine âgé de dix-huit ans à la mort de son père, et, malgré sa jeunesse, se fit proclamer souverain indépendant à Hérat, le 3 moharrem 996 (5 décembre 1587) , tandis qu'Ismaël III se frayait, par un fratricide, un chemin au trône de Perse. Ismaël périt victime du même crime (1589) , et Abbas régna. ”
Ernest Mercier, Histoire de l'Afrique Septentrionale…
“ Chute de la dynastie oméïade. Établissement de la dynastie abbasside.--L'anarchie continuait à désoler l'Orient. Un nouveau khalife oméïade, du nom de Merouan, avait renversé l'infâme Ibrahim et pris le pouvoir; mais il avait à lutter contre les kharedjites et les chiaïtes et, en outre, contre les descendants d'El-Abbas, oncle du prophète, qui s'étaient transmis, de père en fils, le titre d'imam. Après plusieurs années de luttes acharnées, Abou-l'Abbas-es-Saffah fut proclamé khalife par les abbassides (30 octobre 749) . ”
Henry de Vaujany, Histoire de l'Égypte, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours… (1885)
“ Mohammed-el-Moetassem, troisième fils du khalife Haroun-el-Rachîd, succéda à son frère aîné, El-Ma'¬ moun. C'est à partir du règne d'El-Moetassem que commence la décadence de la dynastie des Abbassides, et c'est au khalife lui-même que les premières causes qui amenèrent son affaiblissement doivent être rapportées. En effet, ce prince était sans instruction, sans capacité et dénué de presque toutes les qualités morales. Mais si la nature l'avait mal partagé sous le rapport de l'intelligence, elle lui avait largement départi les avantages corporels. ”
Pierre de Coubertin,
Histoire universelle — Tome I
“ Les califes Abbassides firent davantage. En 886 ils rétablirent sous leur vague suzeraineté la royauté arménienne en faveur de la famille des Pagratides dont le premier prince se fit investir à la fois par le calife de Bagdad et l’empereur byzantin. Mais les Pagratides ne régnaient que sur la région de l’Ararat et de Kars. Leur capitale était Ani. Les autres provinces étaient gouvernées par des dynasties locales avec lesquelles l’entente n’était pas toujours aisée. L’Arménie n’en fut pas moins des plus prospères durant le xme siècle. ”
