Jean Delannoy

Jean Delannoy

Résumé

Portrait de Jean Delannoy Jean Delannoy Le voyage. Numéro 29 (1967)

Le vol tranquille de l'avion est déjà une promesse ; déjà, je me suis échappée. La terre a glissé au fond d'un éther étranger. Je ne suis plus nulle part ; je suis ailleurs. Et quelle heure est-il ? En quelle saison sommes-nous ? C'est l'été aux Açores, à l'ombre des grands chapeaux de paille. Le sol de Terre-Neuve est couvert de neige et de verglas. Il est 8 heures à Paris et 2 heures à New-York. Le temps s'embrouille avec l'espace. Nos rêves sont moins extravagants que cette grande aile à laquelle je suis attachée, et qui plane immobile entre les nuages et les étoiles.
Source : Gallica

Portrait de Jean Delannoy Jean Delannoy Le voyage. Numéro 29 (1967)

Paris-Marseille, Paris-Londres, Paris-New-York. Ce n'est qu'un voyage, un passage d'un lieu à un autre. C'est ce que disait la voix ; c'est ce que prétend le visage blasé du steward ; il trouve naturel, par métier, que je vole vers l'Amérique. Il n'y a qu'un monde et New-York est une ville du monde. Mais non. Malgré tous les livres que j'ai lus, les films, les photographies, les récits, New-York est dans mon passé une cité légendaire ; de la réalité à la légende, il n'existe pas de chemin.
Source : Gallica

Portrait de Jean Delannoy Jean Delannoy Le voyage. Numéro 29 (1967)

Le tourisme est en train de détruire la Grèce. Il n'y a rien à dire ; il est aussi en train d'enrichir la Grèce. Je suis très contente que cette manne tombe un peu sur des gens qui ont eu faim pendant si longtemps.
—- Ce n'est pas le tourisme qui a changé Athènes, dis-je. Il y a vingt-cinq ans, c'était une petite ville charmante, blottie au pied de l'Acropole. Maintenant, c'est une immense ville tentaculaire, qui va vers deux millions d'habitants, et qui draine toute la Grèce. Vous vous modernisez, vous devenez comme les autres, tant mieux pour vous, tant pis pour les rêveurs.
Source : Gallica

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