Juliette Adam,
Mon village
(1860)
“ Mais, tiens, je ne peux trouver rien de mieux à te dire, ma Rose : on a comme deux cœurs, sans quoi faudrait mourir à la peine ; il y a le cœur qui pleure en quittant le pays, les amis, la promise, les parents, et encore le cœur qui saute au bruit du tambour et de la fusillade. Celui qui saute sous l’uniforme enfonce l’autre ; mais son cœur de paysan, on le retrouve en revoyant le pays, les amis, les parents, la promise... La Rose sentit quelque chose à redire et dit : — Pourquoi, mon Pierre, si tu as deux cœurs, ne m’amuserais-je pas à en avoir deux aussi ? ”
