Résumé

Jurien de La Gravière Souvenirs d’un Amiral, seconde partie…

Si la France ne voulait pas se contenter d’un hommage de vassalité dérisoire, il fallait qu’elle se préparât à faire valoir ses droits sur Saint-Domingue les armes à la main. Certes on ne pouvait attendre du premier consul que, dégagé de toute préoccupation du côté du continent, ayant à sa disposition une armée et une flotte impatientes, il renonçât comme à plaisir à l’un des plus beaux apanages de l’ancienne monarchie. L’opinion publique le pressait de restaurer notre commerce maritime, de prendre sous sa garde tant d’intérêts follement ou cruellement sacrifiés par la révolution.
Source : Wikisource

Jurien de La Gravière Souvenirs d’un Amiral, seconde partie…

Pour moi, je le déclare, la mort ne me paraîtrait rien auprès de l’angoisse d’un pareil moment. Il semble que tout s’écroule autour de vous, et que c’est à peine si l’honneur vous reste. Boabdil n’a jamais pleuré son royaume avec les larmes de sang que m’a coûtées la perte de ma frégate.
La Mignonne fut amarinée par les trois vaisseaux. Les officiers qui vinrent en prendre possession affirmaient que nous n’étions pas en guerre, que l’armée anglaise avait seulement reçu l’ordre d’arrêter les bâtimens français jusqu’à ce que les deux nations se fussent entendues.
Source : Wikisource

Jurien de La Gravière Souvenirs d’un Amiral, seconde partie…

L’armée longea la côte de Saint-Domingue jusqu’à la hauteur de la ville du Cap ; mais, au lieu d’entrer franchement dans la rade et d’agir avec résolution, on s’amusa à parlementer avec les noirs. Il était facile de venir s’embosser à un quart de portée de canon des quais de la ville, et d’y opérer le débarquement des troupes. Notre hésitation excita les défiances de Toussaint Louverture, qu’on avait jusqu’alors laissé dans l’incertitude sur le parti qu’on prendrait à son égard, et qui n’avait pas encore complètement méconnu la suprématie de la France.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature