Résumé

L. de Miloué Annales du Musée Guimet

Le caractère spécial du Bouddhisme et certainement l’un des éléments les plus puissants de sa domination sur les masses, par l’impression profonde qu’il produit sur l’esprit, l’imagination et même les sens des fidèles, c’est la pompe de son culte. Rien n’y est négligé de ce qui peut frapper les esprits et produire l’émotion religieuse : pénombre mystérieuse des temples, éclairés seulement par la porte, où ressortent les ors des images et l’éclat étincelant des ustensiles sacrés, profusion de lumières sur l’autel, parfums pénétrants de l’encens et des fleurs tropicales, chants et musique.
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L. de Miloué Annales du Musée Guimet

Au milieu de toutes ces contradictions, on arrive à se demander, sans trop oser se prononcer, s’ils sont réellement des monstres indignes de tout intérêt, ou bien les victimes d’une calomnie séculaire. Et même, seraient-ils aussi gangrenés qu’on nous les représente, n’auraient-ils pas une excuse dans l’exemple de l’hypocrisie, de la dépravation et de la débauche qui règnent dans leurs couvents, pieux asiles où fleurissent et se propagent, comme plantes vénéneuses en serre chaude, ces deux fléaux de l’humanité, le célibat et la mendicité.
La mendicité est la plaie du Tibet.
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L. de Miloué Annales du Musée Guimet

Dans les cours des monastères, le long des avenues qui y conduisent, se voient des rangées d’énormes cylindres renfermant des sections entières des écritures sacrées, que les passants ne manquent jamais de mettre en mouvement d’une poussée de main ; et, mieux encore, sur le sommet des montagnes et le long des cours d’eaux on rencontre partout de ces immenses cylindres qui, mus par le vent ou par l’eau, moulent éternellement leurs muettes prières, en l’honneur des Bouddhas et de la Loi, et pour le plus grand avantage de l’univers et des êtres.
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