Résumé

Lettre à un électeur ; par un ancien constituant… (1869)

Le règne des assemblées est-il, du moins, favorable à la liberté ? Il en est, à mon sens, la négation la plus absolue. La véritable originalité de la Révolution française est d'avoir assuré la liberté par la division des pouvoirs. La maxime : diviser pour régner, odieuse et tyrannique à l'égard des personnes, devient, appliquée aux institutions, la garantie même de la liberté. « Il faut que le pouvoir arrête le pouvoir, » disait Montesquieu, et cette haute doctrine passa pour la première fois dans les faits. C'est la pondération des forces qui est le fond de notre droit public.
Source : Gallica

Lettre à un électeur ; par un ancien constituant… (1869)

Qu'est-ce, au fond, que le régime parlementaire? Ce n'est ni la démocratie, ni la monarchie; c'est le gouvernement des assemblées, fondé sur une vassalité d'influences dépendantes les unes des autres; c'est la corruption à la base, l'irresponsabilité au sommet.
On crut en avoir fini avec l'esprit féodal en 1789; on se trompait. Avant de se retirer de l'histoire et de s'évanouir, les vieilles institutions se transforment sous les coups même qui les frappent pour les anéantir, et luttent encore longtemps après avoir été vaincues.
Source : Gallica

Lettre à un électeur ; par un ancien constituant… (1869)

La Révolution française avait pris pour devise ces trois mots : Egalité, Liberté, Fraternité. Aucun gouvernement, depuis 89, n'a réussi à en faire sortir des institutions pratiques et durables. Tous ont ignoré l'égalité politique et quelques-uns n'ont connu de la liberté que les orages ou les fictions. Le second Empire a seul donné, avec l'égalité tout entière, les fécondes réalités de la liberté, soumise aux lois de sa propre conservation. Les dénégations ironiques de l'opposition, intéressée à tout contredire, à tout bouleverser, semblent prêter à cette proposition un tour paradoxal.
Source : Gallica

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