Résumé

Louis Audiat Un poète abbé, Jacques Delille

L’académie, « où l’on recevait depuis longtemps des ducs, des prélats, des financiers et quelquefois des gens de lettres », était déjà un champ de bataille. La lutte se traduisait en diatribes calomnieuses où la plus légère épigramme était souvent une flèche barbelée qui faisait saigner la chair. Chaque parti cherchait des adhérents. D’Alembert, dès le mois de décembre 1770, écrivait à Voltaire : « Je ne vois qu’un moyen de nous sauver d’un mauvais choix, c’est de prendre l’abbé Delille, le traducteur des Géorgiques, et Sicard, le plus paresseux des gens de lettres. »
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Louis Audiat Un poète abbé, Jacques Delille

Un ami du poète, un généreux ami des Muses, va remplir l’importante ambassade de Constantinople et visiter encore une fois la Grèce dont il a déjà parcouru et noblement décrit les ruines. À peine a-t-il montré l’honorable désir d’avoir pour compagnon de voyage le chantre des Jardins, M. Delille brûle de voir Athènes, de respirer cet air natal de la poésie antique, de saluer ces beaux rivages qu’il ne connaît encore que par les récits de l’Iliade ou de l’Odyssée. Il quitte pour la première fois la paisible demeure du collège de France.
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Elle ne vaut pas ses Géorgiques. Le genre était différent. L’inconvénient de la traduction — un parfum qui se transvase — était ici plus frappant : il ne s’agissait plus de décrire les travaux des champs ou les mœurs des abeilles, ou l’aventure d’Aristé et les malheurs d’Eurydice, mais de chanter les exploits des guerriers, et l’abbé Delille n’avait point l’âme héroïque ; il ne s’enthousiasmait qu’à l’ardeur d’autrui ; son talent n’était pas fait pour l’épopée.
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