Alfred-Auguste Cuvillier-Fleury

Résumé

Alfred-Auguste Cuvillier-Fleury Discours de réception de M. X. Marmier… (1871)

Lucrèce se passe facilement d'une certaine perfection.
Souvent le génie s'arrête à cette limite de la perfection dans la forme ; non qu'il la dédaigne : il ne la voit pas dans la minutieuse exigence de sa beauté toute terrestre, tant il est placé haut! Il plane, il ne raffine pas.
Je n'ai pas, vous le voyez, Monsieur, l'imprudence de m'attaquer au génie du grand poëte de la Nature.
Il est impossible, pourtant, de se trouver face à face
avec ce sophiste immortel, sans qu'un cri nous sorte du cœur au spectacle d'une telle puissance mise au service de tant d'erreurs.
Source : Gallica

Alfred-Auguste Cuvillier-Fleury Discours de réception de M. X. Marmier… (1871)

Lucrèce ne croit pas à la perfectibilité de l'homme. C'est la moindre de ses incrédulités dans l'ordre moral. Il n'a aucune idée de Dieu, aucun soupçon de la Providence, veillant sur sa créature. Le monde, dit-il, Le monde, immense erreur, n'est pas l'œuvre des dieux.
Rien non plus ni de la spiritualité de l'âme, ni de son essor vers le ciel, ni de la vertu, si ce n'est comme élément de bonheur matériel, ni de la patrie, qui n'a pour l'homme que la valeur d'un champ ou d'un pâturage.
Source : Gallica

Alfred-Auguste Cuvillier-Fleury Discours de réception de M. X. Marmier… (1871)

Partout où vous rencontrez un visage humain, fût-ce d'un Lapon, éclairé d'un rayon de bonté à défaut de soleil ; partout où vous recevez, fût-ce chez les Tschoukis et sur la cime du Caucase, l'étreinte expressive d'une main loyale, votre cœur s'ouvre aux braves gens, aux honnêtes femmes, aux esprits sincères, aux bonnes âmes. Il en reste plus qu'on ne croit sur la terre ; s'il y en avait moins, le monde finirait. Ce sont les honnêtes gens qui le font durer. L'expérience du voyageur a aidé en vous cette conviction du philosophe.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature