Résumé

Portrait de Louis Bertrand Louis Bertrand L’Éternel champ de bataille

Plus rien au monde n’existait pour nous : nous en avions, pensions-nous, pour toute notre vie...
Et puis un beau soir, comme un hâle accablant pesait sur la campagne et que le village était désert, tout à coup Louis Génin ramassa ses cornouilles sur la marche disjointe de la chapelle, les glissa dans sa poche, et, avec cet air inspiré, qui, pour moi, était irrésistible, il s’élança, en me criant : — « Je m’en vas à la Rue-haut ! » comme on chante : « Le jour de gloire est arrivé ! » Quel accent fit-il passer dans ces simples mots ?
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Portrait de Louis Bertrand Louis Bertrand L’Éternel champ de bataille

Si, dans ces confuses années d’enfance, j’ai eu quelque pressentiment de la beauté, c’est la pauvre église de mon village qui me le donna. Vraiment, je sentais que là, sur cette petite terrasse hérissée d’orties, derrière ces murs tout nus, sévères jusqu’à la rudesse, s’abritait le refuge des âmes. C’était comme une barrière dressée contre les brutalités de la vie campagnarde. De quelle hauteur ma chère église de Spincourt s’élevait, pour moi, au-dessus des fumiers, des étables, et même des logis les plus cossus d’alentour !
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Portrait de Louis Bertrand Louis Bertrand L’Éternel champ de bataille

Devant moi, la rivière s’arrondissait comme un lac. A travers les hautes herbes, où j’étais étendu, je n’apercevais que la surface de l’eau, tantôt unie, tantôt crêpelée de vaguelettes, qui, parfois, devenaient écailleuses comme des ardoises. Le vent froid de la Woëvre soufflait dans les peupliers des berges, et les feuilles pâles se mettaient à frissonner longuement. Puis, tout s’apaisait. Le ciel du couchant était rose et bleu. Il se reflétait délicieusement dans le miroir de l’eau morte. Tout mon cœur bondissait vers la splendeur trop brève.
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