Louis Fréchette

Louis Fréchette

Résumé

Portrait de Louis Fréchette Louis Fréchette Contes canadiens

De tous temps, la beauté s’est plu à soumettre les hommes forts. Il s’en suivait que les rivaux de Montferrand étaient souvent des types peu ordinaires — et s’il a soutenu des combats contre quelques-uns de ses propres amis ou compatriotes, c’est dans cette situation qu’il faut en rechercher la cause. De là aussi ces attaques nocturnes, ces surprises qui tiennent du roman et dont sa carrière fut remplie. De là également le prestige de sa renommée, car notre peuple fait toujours la mesure très large à celui qui fascine le beau sexe et qui s’expose au danger en son honneur.
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Mais hélas ! il était écrit sans doute que Pierriche ne pourrait pas même faire bouillir la marmite ; car à peine l’avait-il mise au feu que la vache, dégringolant dans la rivière, enleva Pierriche à six pieds du sol.
Elle avançait à grands pas.
Le malheureux, se sentant ainsi monter tout d’un coup avec la rapidité d’un décor de théâtre, n’eut que le temps de s’arc-bouter avec force à la poutre et demeura suspendu dans le vide, gigotant comme un possédé et criant avec désespoir :
« À moi, Madelon ! à moi, Madelinette ! »
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Il va de soi que pas un Canadien ne les renvoyait les mains vides. La plupart des Anglais donnaient par admiration pour l’excellent caractère et les prouesses de Montferrand.
Car il eut ce beau privilège d’être aimé de tous ceux qui le connurent. Ses anciens compagnons ; ceux pour qui il travailla ; les hôteliers qui l’hébergèrent : tous m’ont parlé de lui avec respect et affection. La postérité se tromperait grandement si elle faisait de lui un hercule mal dégrossi, avide de luttes et rude envers les autres comme il l’était parfois pour lui-même.
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