M. E. Vigneaux

Résumé

M. E. Vigneaux Le Tour du monde

Des champs immenses de maguey annoncent l’approche de Tequila, la ville du mescal. L’aspect de ces plateaux desséchés et pierreux, hérissés à perte de vue des dards immobiles et menaçants de la gigantesque liliacée, a quelque chose de saisissant, et fait naître à l’esprit l’idée d’un cercle de l’enfer oublié par le Dante.
Ce n’est point cependant une région maudite que celle-ci. Après le bananier et le maïs, dont l’utilité est plus immédiate, le maguey (agave americana, variété de l’aloès) est le présent le plus précieux que la nature ait fait au Mexique.
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M. E. Vigneaux Le Tour du monde

Le torrent végétal semble rouler de ses arcades brisées, comme s’il y prenait sa source, et bouillonne bien loin vers le sud, jusqu’à un mamelon moins élevé qui supporte d’autres ruines, celles du castillo del Borrego. À ses pieds le ruban blanc se rompt, il y a brèche dans le massif de verdure. C’est l’entrée de l’estero de San Cristoval, canal qui enveloppe le plateau de San Blas. Au nord du morne de la Commandancia, la forêt s’éloigne du rivage, et dans la clairière s’élève un hameau, dont les cabanes irrégulièrement dispersées, sont construites en troncs de palmiers placés debout
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M. E. Vigneaux Le Tour du monde

Quand Borée se déchaîne, Vera-Cruz est en émoi ; son souffle est un simoun humide et froid qui paralyse tout dans la place et rend le port dangereux. La mer frémit et moutonne sous le poids de la tempête. Cette crise retarde le départ du steamer ; l’hôtel est encombré de voyageurs qui l’attendent comme moi, et l’on nous installe sans façon plusieurs dans la même chambre.
Je passai là trois jours, les plus tristes certainement de mon séjour au Mexique, en exceptant toutefois ceux de Guaymas. On déjeune entre neuf et dix heures à l’hôtel, on dîne entre quatre et cinq.
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