Marc Monnier,
Les Contes de nourrice de la Sicile
“ Or, en Sicile, la foi est très sincère, elle croit tout ce qu’on lui dit, et ne raisonne pas ; elle s’agenouille avec une ferveur et une fièvre qui peut aller jusqu’au délire et ne veut point être rassurée contre cette peur du diable qu’on prend encore presque partout pour la crainte de Dieu. C’est précisément la solidité de cette conviction qui permet aux Siciliens de traiter gaîment les choses sacrées. L’homme en effet ne rit que de ce qui l’intéresse, et il faut que la religion nous tienne bien au cœur pour que nous y trouvions une source de gaîté. ”
