Résumé

Portrait de Marc Monnier Marc Monnier Les Contes de nourrice de la Sicile

Or, en Sicile, la foi est très sincère, elle croit tout ce qu’on lui dit, et ne raisonne pas ; elle s’agenouille avec une ferveur et une fièvre qui peut aller jusqu’au délire et ne veut point être rassurée contre cette peur du diable qu’on prend encore presque partout pour la crainte de Dieu. C’est précisément la solidité de cette conviction qui permet aux Siciliens de traiter gaîment les choses sacrées. L’homme en effet ne rit que de ce qui l’intéresse, et il faut que la religion nous tienne bien au cœur pour que nous y trouvions une source de gaîté.
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Portrait de Marc Monnier Marc Monnier Les Contes de nourrice de la Sicile

Remonter du conte au mythe et du mythe à l’élément mythique, tel est donc le travail d’une foule d’esprits ingénieux, en Allemagne, en Angleterre, en Italie, en France, où M. Gaston Paris, dans un petit livre tout plein de science, vient de démontrer comment une constellation, la grande Ourse, est devenue l’histoire du Petit-Poucet. Tout le monde n’a pas la mesure et la méthode de M. Gaston Paris, et quand la science est grossie, gonflée par l’imagination, ce qui lui arrive quelquefois, elle déborde et roule aux chimères.
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Portrait de Marc Monnier Marc Monnier Les Contes de nourrice de la Sicile

Le plus jeune veille la nuit sur le jardin de son père et en chasse les voleurs et les brigands, qu’il poursuit jusque dans les abîmes. Il s’élance aux plus hautes régions pour y trouver la plume de l’oiseau bleu, descend jusqu’au fond de la mer et en rapporte le cheveu d’or ; il enferme le magicien dans les fentes d’un rocher ; il triomphe à la fin de tous les obstacles, de toutes les infortunes ; il est rare que le premier trône du monde et la plus belle fille d’empereur ne lui soient pas réservés. C’est pareillement la plus jeune des sœurs qui est l’héroïne du conte.
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