Raoul Ponchon

Raoul Ponchon

Résumé

Portrait de Raoul Ponchon Raoul Ponchon La Muse gaillarde

Quand un peu de douceur flotte dans l’air subtil,
Quand c’est poindre partout la sève rose et verte,
Vin ! sois-moi sur le Bien une croisée ouverte !
Fontaine de Jouvence où se baignent les dieux
Fais mon cœur toujours jeune et toujours radieux !
Miroir de vérité brillant comme la flamme,
Ô Vin ! qu’en mon ivresse on sache encor mon âme !
Ciel que ne peut fixer le regard ébloui
Où le soleil d’été demeure épanoui
Sans que dans l’Océan jamais il s’engloutisse,
Ô Vin ! dis à mes pas le chemin de justice !
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Portrait de Raoul Ponchon Raoul Ponchon La Muse gaillarde

Le joli mot que voilà :
Boire ! Qu’en pensez-vous ? Boire !
Moi je suis tout prêt à croire
Qu’aucun ne vaut celui-là !
Ivrognes, ô bons apôtres,
Que je porte dans mon cœur,
N’est-ce pas qu’à la rigueur
On peut se passer des autres ?
Boire ! Eh bien ! cela dit tout ;
Que voulez-vous autre chose ?
Tel un sourire de rose,
Cela se comprend partout.
C’est le seul mot du langage
Qui, par sa fraîche couleur,
A pour moi quelque valeur
Quelque évidence en partage.
Vous avez mille façons
De le prononcer, madame,
Ce mot délicieux, âme
De nos sublimes chansons !
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Portrait de Raoul Ponchon Raoul Ponchon La Muse gaillarde

Comme un grand cygne blanc sur une mer profonde.
De délicates fleurs dont le cœur est fermé
Par le trop vif éclat du jour intimidées,
Daignent s’épanouir pendant mes nuits de mai
Par mon tiède regard doucement fécondées.
Par les forêts de rêve et les bois apaisés
Je berce les amants dans mes limpides voiles,
Mes rayons leur sont doux ainsi que des baisers,
Et je suis reine avec mon cortège d’étoiles.
Je passe lentement et ne fais pas de bruit
De crainte d’éveiller les vierges endormies ;
Et pour les pauvres gens que l’âpre sort poursuit
Mes yeux fleurdelisés ont des lueurs amies
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