Résumé

Robert Chantereau L'impôt sur la rente : thèse pour le doctorat… (1900)

Au premier abord, rien ne paraît plus illogique et plus injuste qu'un impôt sur la rente. Un État, qui s'est engagé à payer 300 francs d'arrérages à toute personne lui prêtant 10.000 francs, déclare, une fois l'opération terminée, qu'il ne versera que 280 francs, la différence étant prélevée à titre d'impôt et fixée selon son bon plaisir. Le créancier n'a-t-il pas pourtant acquis, par l'abandon de son capital, un droit absolu aux arrérages et le débiteur peut-il restreindre lui-même, et sans aucune indemnité, les engagements qu'il a pris?
Source : Gallica

Robert Chantereau L'impôt sur la rente : thèse pour le doctorat… (1900)

« A l'égard des rentiers, il existe une loi qui fait défense expresse d'imposer la rente », et Gambetta plus récemment: « L'impôt ne saurait atteindre la rente qu'au mépris d'un contrat solennel qu'aucune juridiction ne peut rompre. »
C'est là restreindre trop facilement le pouvoir de l'État.
A M. Thiers, qui invoque une loi, il est facile de répondre qu'une autre décision législative peut remplacer la précédente et ordonner la taxation. L'État ne peut s'engager par sa volonté unilatérale, et il n'y a pas de lois qui valent pour l'éternité.
Source : Gallica

Robert Chantereau L'impôt sur la rente : thèse pour le doctorat… (1900)

Il peut se faire que toute la fortune d'une personne consiste en un titre de rente., et, dans ce cas, la contribution établie sur sa fortune globale ne tiendra aucun compte de la source du revenu. C'est donc aussi un impôt sur la rente. De même l'impôt sur le revenu prussien (Einkommensteuer) . C'est à tort que M. Rouvier disait, en 1896 : « Rien n'est plus différent de l'impôt sur la rente que l'impôt global sur le revenu. » Le mode de perception par retenue n'implique nullement un changement dans l'assiette de l'impôt.
Source : Gallica

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