Résumé

Saint-Genest Lettres d'un soldat : Froeschviller… (1873)

Je cours comme un insensé. Un obus éclate, puis un autre, puis les bombes, la mitraille.
Alors, voyant la nature et l'homme déchaînés à l'envi, je retombe sur mon cheval, je le saisis dans mes bras et, me réchauffant contre lui, je reste sans mouvement, et je dis : J'en ai assez!.
J'en ai assez de cette épouvantable guerre, de ces tortures, de ce froid, de toutes ces horreurs!. Dieu ne nous a pas créés pour cela ! Depuis six mois que cela dure, c'est trop souffrir, c'est trop lutter !
Du feu !.. un abri!.. un pays où il n'y ait plus d'obus, plus de neige, où il n'y ait plus de cadavres!
Source : Gallica

Saint-Genest Lettres d'un soldat : Froeschviller… (1873)

Deux grognements se font entendre : c'est Roger et Sainte-Croix qui sont là ficelés comme des momies, que je découvre tout à coup et que le froid fait hurler.
Je passe la tête hors de la toile; je regarde. partout la neige ; d'immenses plaines de neige, éclairées par la triste lueur du matin ; des petites tentes-abris, roidies par la glace, jetées çà et là, sans ordre, sans alignement possible; puis des files de chevaux; la tête basse, le poil hérissé, la croupe tournée du côté du vent, avec un air si pensif et si misérable qu'on se sent vraiment pris de pitié.
Source : Gallica

Saint-Genest Lettres d'un soldat : Froeschviller… (1873)

C'est alors que j'aperçois le bataillon des zouaves. Les zouaves ! nous sommes sauvés ! Je reconnais le colonel Bocher, tu vois bien que j'ai toute ma raison ! — A la baïonnette! crie-t-il. Et, d'un bond, sautant à travers le fossé, les zouaves passent près de moi comme une trombe, franchissent les houblonnières, la route, le ravin, et disparaissent dans la forêt. Nos batteries ne tirent plus ; les artilleurs restent immobiles près des pièces. Nous montons sur le talus, nous écoutons et nous attendons.
Il s'est fait un silence effrayant. J'interroge le capitaine d'artillerie.
Source : Gallica

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