Souvenances (1868)

Résumé

Souvenances (1868)

“ Cinq ans s'étaient écoulés ; nous étions toujours au collége, toujours établis à la maison paternelle, sous la tutelle de ma tante. La vie s'ouvrait, et les premiers essais de notre liberté étaient un peu mêlés.
Le gland tombé du chêne avant l'heure n'arrive guère à mûrir, et la graine emportée par l'orage loin du terroir natal a peu de chances de germer et de venir à bien. Il n'est pas bon non plus pour la plante humaine d'être trop tôt séparée de la tige maternelle : l'orphelin court grand risque de s'attarder et de languir ; heureux quand il ne sombre pas à moitié du chemin !
”
Source : Gallica

Souvenances (1868)

“ La promenade finie autour des jeux, la grande affaire est de trouver un emplacement commode pour le goûter. Après bien des tours, on s'arrête d'ordinaire à une pelouse embaumée, à l'abri du soleil couchant, et du côté de la ville. La vue est charmante ; les provisions sont étalées ; la volaille froide et le pâté de Pâques, et la rouelle de veau, puis les pâtisseries et les confitures; les bouteilles, roulées dans l'herbe, le bidon d'eau déposé avec précaution ; car il n'y a pas d'eau sur la montagne; on a rempli le baril au pied, avant de monter. ”
Source : Gallica

Souvenances (1868)

“ Le dernier vœu de ma mère fut obéi : nous ne fûmes point mis en pension. Hélas! l'affection des mères, même des mères mourantes, ne choisit pas toujours le meilleur.
Ma tante vint rester avec nous. Avec ses grands yeux noirs, son sourire réfléchi, sa voix pénétrante, ma tante Sophie était une bien douce et fine figure. Mais sous cette finesse, sous cette douceur, se cachaient une sensibilité nerveuse, presque fébrile, une vivacité de sentiments et un besoin d'idéal, qui sont d'ordinaire les plus grands obstacles au bonheur.
”
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature