Résumé

Épigny La France, hier, aujourd'hui, demain (1871)

Beaucoup de gens, et des plus sensés, s'habituent au son de cette clochette et n'en veulent point entendre d'autres ; ils arrivent à penser leur journal, croyant être eux-mêmes. Combien peu conservent assez d'indépendance d'esprit pour s'écrier un matin : « Décidément, aujourd'hui, ils n'ont pas le sens commun. » On est beaucoup plus sensible, en France, à cet enseignement quotidien que dans les autres pays ; de là cette prodigieuse faveur de la presse qui attaque, vilipende et démolit quelqu'un ou quelque chose.
Source : Gallica

Épigny La France, hier, aujourd'hui, demain (1871)

Appelé à voter en toute sécurité, République ou Monarchie, le peuple donnerait à la Monarchie une immense majorité sur n'importe quelle tête, et, cela faisant, il voterait surtout contre la République. Aussi, les républicains qui le savent et que rien ne gêne, placent-ils simplement la République au-dessus du suffrage universel, qui ne la leur donnerait jamais. On ne saurait trancher la difficulté d'une façon plus dégagée sans toutefois en sortir, car tout pouvoir vient de Dieu et du peuple : vox populi, vox Dei.
Source : Gallica

Épigny La France, hier, aujourd'hui, demain (1871)

Napoléon, en créant l'ordre unique de la Légion d'honneur pour récompenser tous les genres de mérites, a commis une lourde erreur, malgré son génie, lorsqu'il s'est imaginé que le soldat serait fier de voir sa croix briller sur la poitrine du savant, de l'homme d'Etat, etc., etc., et que ceux-ci de leur côté concevraient un légitime orgueil d'être revêtus du signe de l'honneur attribué au courage. Cette supposition toute gratuite est, je crois, radicalement fausse à bien considérer le coeur de l'homme et l'estime qu'il fait de soi-même.
Source : Gallica

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