Claude Gueux

Définition et enjeux

Portrait de Victor Hugo Victor Hugo Claude Gueux (1834)

Claude Gueux, honnête ouvrier naguère, voleur désormais, était une figure digne et grave. Il avait le front haut, déjà ridé quoique jeune encore, quelques cheveux gris perdus dans les touffes noires, l’œil doux et fort puissamment enfoncé sous une arcade sourcilière bien modelée, les narines ouvertes, le menton avancé, la lèvre dédaigneuse. C’était une belle tête. On va voir ce que la société en a fait.
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Portrait de Victor Hugo Victor Hugo Claude Gueux (1834)

Monsieur le directeur, dit Claude avec une voix qui eût attendri le démon, je vous en supplie, remettez Albin avec moi, vous verrez comme je travaillerai bien. Vous qui êtes libre, cela vous est égal, vous ne savez pas ce que c’est qu’un ami ; mais, moi, je n’ai que les quatre murs de la prison. Vous pouvez aller et venir, vous ; moi je n’ai qu’Albin. Rendez-le-moi. Albin me nourrissait, vous le savez bien. Cela ne vous coûterait que la peine de dire oui. Qu’est-ce que cela vous fait qu’il y ait dans la même salle un homme qui s’appelle Claude Gueux et un autre qui s’appelle Albin ?
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Portrait de Victor Hugo Victor Hugo Claude Gueux (1834)

C’était Claude, qui le suivait en silence depuis quelques instants.
— Que fais-tu là, toi ? dit le directeur ; pourquoi n’es-tu pas à ta place ?
Car un homme n’est plus un homme là. C’est un chien. On le tutoie.
Claude Gueux répondit respectueusement :
— C’est que j’ai à vous parler, monsieur le directeur.
— De quoi ?
— D’Albin.
— Encore ! dit le directeur.
— Toujours ! dit Claude.
— Ah çà ! reprit le directeur continuant de marcher, tu n’as donc pas eu assez de vingt-quatre heures de cachot ?
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