Ioanna

Définition et enjeux

Portrait de Renée Dunan Renée Dunan La Papesse Jeanne

Ioanna s’attestait heureuse d’avoir trouvé, dans la ville au renom éternel, et les joies de la chair et celles de l’esprit. Elle pensait bien que c’en fût fini de tant d’aventures et des voyages incertains par le monde.
Elle avait été adoptée comme une fille d’Hellas par ses protecteurs et initiateurs aux réalités merveilleuses de l’intelligence. Et, sans avoir besoin d’y penser même, sans sortir de la cour au portique, elle goûtait la saveur des jours et le goût des idées, dans une fièvre qui ne se lassait point.
Elle dépassa ses maîtres.
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Son fidèle savait la demeure de l’empoisonneuse et la surveillait. Il l’amènerait lui-même, dès l’aube, quand tout dort à Rome.
Ce soir-là, enfin, elle serait redevenue maîtresse de son avenir. La nuit passa. Ioanna ne dormit que quelques minutes. Un rêve affreux la tourmentait. Elle s’y voyait brûlant aux flammes de l’Enfer, avec, dans sa chair, un long morceau de fer chauffé au rouge qui jamais ne refroidissait.
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Ioanna, au regret de sa vie aventureuse, car son existence de dignitaire ecclésiastique lui pesait un peu, songea un jour à s’en aller avec ces hardis compagnons, pour courir le monde en leur compagnie.
Elle aurait voulu mener une vie de guerre et de violences. Son sang bouillait d’ardeurs cachées et le souvenir des aventures de jadis lui faisait monter souvent le sang au visage. Non point par honte, mais par désir...
Elle vivait chastement, certes, et, en somme, sans sentir au fond de sa chair le besoin de l’homme.
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