Pétrus Borel

Définition et enjeux

Alphonse Parran Romantiques, Pétrus Borel, Alexandre Dumas

Grâce à sa barbe, à sa voix puissante et douce, à son costume pittoresquement arrangé, sans trop sortir de la mode ordinaire, et maintenu avec goût dans les teintes sombres, Pétrus Borel nous en imposait extrêmement et nous lui témoignions un respect qui n’est pas ordinaire, entre jeunes gens à peu près de même âge. Il parlait bien, d’une façon étrange et paradoxale, avec des mots d’une bizarrerie étudiée et une sorte d’âpreté éloquente ; il n’en était pas encore aux hurlements à la lune du lycanthrope et ne montait pas trop à la gorge du genre humain.
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Portrait de Jules Claretie Jules Claretie Petrus Borel le lycanthrope

On m’a montré une photographie de Pétrus Borel en uniforme d’inspecteur de la colonisation. Hélas ! ce n’est plus le Pétrus d’autrefois. La tête est rasée, la barbe longue, presque inculte, les yeux cernés, gonflés, abattus. Tout le visage a je ne sais quelle expression de lassitude et d’accablement, de sombre et morne désespérance. Plus ne m’est rien, rien ne m’est plus, lit-on aussi dans cet œil sans vie, sans éclat, sans espoir.
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Portrait de Pétrus Borel Pétrus Borel Madame Putiphar (1877-1878)

Cette introduction est assurément ce qui est sorti de plus remarquable de la plume de Petrus Borel.
Le ton navré est réellement touchant, et pour cette fois les grincements de dents de Champavert ont cessé. Hésitant et non plus irrité, inquiet, troublé, le poëte s'interroge, résiste tour à tour, et s'abandonne au doute, à ses instincts divers, à cette triplé nature qui compose son idiosyncrasie. Nous avons tous au fond du coeur deux ou trois de ces cavaliers fantastiques dont parle Borel, et que nous entrevoyons, dans les heures troublées, comme des visions apocalyptiques.
Source : Gallica

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