Artillerie de campagne

Définition et enjeux

Joseph Bédier  Revue des Deux Mondes

Une même doctrine régnait alors dans toutes les armées. Toutes admettaient que l’artillerie ne tire utilement qu’à la faible distance où il reste possible d’observer le tir, c’est-à-dire à quatre kilomètres au plus, et qu’elle ne doit pas prétendre à détruire l’artillerie ennemie, abritée comme elle derrière des positions masquées, et par conséquent invisible. Dès lors, une artillerie de campagne, très légère et très mobile, assistée, en de certaines circonstances limitées, par des canons courts, semblait devoir suffire : ni la longue portée, ni les gros calibres n’offraient d’utilité.
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Joseph Bédier  Revue des Deux Mondes

Elle reste juste : il n’est pas une armée, de l’aveu de tous, dont l’artillerie de campagne vaille la nôtre.
Mais l’artillerie de campagne n’est pas toute l’artillerie. Il va sans dire que nous possédions des matériels plus puissants que le 75 : des canons de 95, de 120 long, de 155 long, des canons courts de 155, des mortiers de 220 et de 270, — tous engins destinés à attaquer les places fortes ou à les défendre, mais qui, vu leur poids, ne pouvaient être mis en batterie que sur des plates-formes, elles aussi très lourdes, et dont le montage exigeait un jour ou deux de travail.
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Michel Rous Défense nationale contre l'invasion allemande… (1870)

L'armement de notre infanterie, qui s'améliore chaque jour, est à la rigueur suffisant aujourd'hui, pourvu que les armes soient entre les mains de ceux qui doivent s'en servir.
Nous ne manquons pas absolument d'artillerie de campagne et de mitrailleuses; nos ateliers sont en étal de compléter rapidement ce matériel; en attendant nous devons y suppléer par l'emploi de noire grosse artillerie dans des positions fortifiées. Cette artillerie existe puissante et nombreuse; en la laissant plus longtemps inactive on trahirait la nation.
Source : Gallica

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