Marion Gilbert,
Le joug: roman
(1946)
“ Fanny, qui avait parlé, respira fortement en levant la tête : le souffle frais entrait dans la chambre déjà pleine des relents de maladie et de mort, comme pour la purifier, et les vivants appellent inconsciemment la vie. Le miroir auquel elle faisait face lui renvoya son image au fond d'une eau trouble et verdie : sa pâle figure inquiète de vieille fille de vingt-neuf ans, ses yeux incolores, ses cheveux bruns sans reflets, et cette bouche de madone aux lèvres pures, aux dents parfaites, qui était sa seule beauté. ”
