J. Sanrey

Élements biographiques

J. Sanrey Les Terres Noires de la Russie…

Le karchema ou le kabake est un grand bâtiment traversé dans toute sa longueur par une remise où les voyageurs amènent leurs chevaux : c’est l’auberge du village, et le tenancier de cette dépendance seigneuriale a seul le privilège de débiter l’eau-de-vie aux habitans. Le karchema joue un grand rôle dans les mœurs de la population rurale; c’est là que tous les paysans, hommes, femmes, vieillards, enfans, passent la plus grande partie des jours de fête; c’est là que toutes les économies du peuple viennent se convertir en étourdissement et en ivresse.
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J. Sanrey Les Terres Noires de la Russie…

J’éprouvai surtout cette impression à mon arrivée en Russie. Ce grand empire a pris tard sa place au milieu des nations civilisées ; aujourd’hui même, pour jouir de toutes ses ressources, il lui manque encore l’exploitation libre de son territoire. Dans ses plus fertiles provinces, dans les terres noires par exemple, si l’on ne peut qu’admirer l’impulsion donnée à certaines branches du travail agricole et de la production industrielle, on est forcé trop souvent aussi de reconnaître la fâcheuse influence exercée par le servage sur la vie morale des populations.
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J. Sanrey Les Terres Noires de la Russie…

Il en est de même pour les poids et mesures, qui du reste dérangeraient le système habituel des transactions : c’est l’affaire de l’acheteur d’estimer d’un coup d’œil quelle quantité de marchandise est contenue dans le sac du paysan, c’est l’affaire de celui-ci de vendre au plus haut prix la moindre quantité possible. Les Juifs sont les accapareurs habituels de tout ce qui arrive sur le marché. Leur industrie s’exerce sur tout ce que produit le paysan : ce sont eux qui achètent les bestiaux, et ils se comportent en maquignons parfaits.
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