Résumé

J. Sanrey Les Terres Noires de la Russie…

Le karchema ou le kabake est un grand bâtiment traversé dans toute sa longueur par une remise où les voyageurs amènent leurs chevaux : c’est l’auberge du village, et le tenancier de cette dépendance seigneuriale a seul le privilège de débiter l’eau-de-vie aux habitans. Le karchema joue un grand rôle dans les mœurs de la population rurale; c’est là que tous les paysans, hommes, femmes, vieillards, enfans, passent la plus grande partie des jours de fête; c’est là que toutes les économies du peuple viennent se convertir en étourdissement et en ivresse.
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J. Sanrey Les Terres Noires de la Russie…

J’éprouvai surtout cette impression à mon arrivée en Russie. Ce grand empire a pris tard sa place au milieu des nations civilisées ; aujourd’hui même, pour jouir de toutes ses ressources, il lui manque encore l’exploitation libre de son territoire. Dans ses plus fertiles provinces, dans les terres noires par exemple, si l’on ne peut qu’admirer l’impulsion donnée à certaines branches du travail agricole et de la production industrielle, on est forcé trop souvent aussi de reconnaître la fâcheuse influence exercée par le servage sur la vie morale des populations.
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J. Sanrey Les Terres Noires de la Russie…

Les défauts du Petit-Russien sont l’indolence, la dissimulation, l’égoïsme et surtout l’ivrognerie ; mais ces défauts ne proviennent-ils pas de son ignorance et de la position qui lui est faite par le servage [1] ? Sous le rapport de la vie matérielle, le sort des paysans de la Petite-Russie est moins précaire que celui des ouvriers agricoles des autres régions asservies et même de quelques pays libres. Il ne faut point oublier qu’ils habitent la contrée la plus riche de l’Europe, et que la satisfaction des premiers besoins y est plus facile que partout ailleurs.
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