Suzanne Turquet

Élements biographiques

Suzanne Turquet Récit de sa vie par une petite fille de quatorze ans réfugiée française pendant la guerre (1871)

La mer avait été forte ce jour-là, et les vagues se brisaient sur la petite plage en bas avec un bruit retentissant comme le tonnerre; mais au loin, elle s'étendait calme comme un lac.
Je regardais cette scène sans mot dire, lorsque maman rompit la première le silence. « Quel
calme, » dit-elle, « quelle paix dans ce petit réduit ignoré, tandis que là-bas on se tue, on se massacre; des hommes qui ne se sont jamais vus s'élancent les uns contre les autres comme s'ils étaient de mortels ennemis, et ici rien ne trouble cette paix. Ah ! que les hommes sont fous ! A quoi donc sert la guerre ? »
Source : Gallica

Suzanne Turquet Suite du récit d'une petite fille de quatorze ans… (1872)

Tout le monde, je pense, avait le cœur léger et l'esprit peu disposé à la mélancolie. Nous n'avions qu'une seule inquiétude, arriverions-nous à Cappoquin assez tôt pour prendre le petit steamer Fairy (la Fée) , qui fait le service de ce village à Youghal. Jamais la vallée de la Rivière Noire n'avait été si fraîche, si verdoyante, si fertile en riches pâturages.
Comme pour faire mentir son nom, la rivière reflétait le ciel bleu, l'air était embaumé de l'odeur pénétrante et parfumée du foin nouvellement coupé, car dans l'Ile Verte on ne s'occupe de la fenaison qu'au mois de juillet.
Source : Gallica

Suzanne Turquet Récit de sa vie par une petite fille de quatorze ans réfugiée française pendant la guerre (1871)

IRLANDE.
Bientôt, au loin, un petit nuage bleuâtre s'élève au-dessus des flots, on dirait qu'il plane sur l'eau, puis il reste immobile, et semble se baigner dans la mer ; plus nous approchons, plus il prend de consistance; bientôt je distingue des collines ondulées : c'est la verte Erin !
Je me crus voguant dans les eaux de l'Océan du Nord, passant près de quelque île déserte et solitaire, car je ne voyais ni verdure ni habitation, mais toujours les collines brumeuses qui enveloppaient l'île d'un voile mystérieux. C'est ainsi que m'apparut l'Irlande pour la première fois.
Source : Gallica

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