Résumé

Portrait de Abel Hermant Abel Hermant Les Confidences d'une Biche, 1859-1871

Les remuements du passé de lady Ventnor ne gênaient, paraît-il, que moi. M. de Courpière y semblait même prendre goût. Je ne l’aurais point soupçonné de cette perversité : il est naturel et candide jusque dans l’énorme, et, en fait de conscience, je l’ai toujours vu se tenir à zéro, sans monter au-dessus, mais sans non plus descendre au-dessous. Quant à lady Ventnor, elle savait bien qu’une femme a d’autant plus de chances d’attacher un homme qu’elle a plus d’antécédents.
Source : Gutenberg

Portrait de Abel Hermant Abel Hermant Les Confidences d'une Biche, 1859-1871

Nul n’est plus que moi facile à séduire : il suffit qu’on me dise ce que justement elle me dit. Je conçus pour elle, tout aussitôt, une sympathie extrêmement vive ; si bien que je n’eus pas de cesse que nous ne fussions dehors, pour lâcher la bride à mon enthousiasme. Je lançais à M. de Courpière des regards suppliants, comme les enfants que l’on traîne dans le monde et qui voudraient bien s’en aller. Il ne daigna lever le siège qu’au bout de quarante-cinq minutes. J’entamai l’éloge de lady Ventnor dès le second palier.
Source : Gutenberg

Portrait de Abel Hermant Abel Hermant Les Confidences d'une Biche, 1859-1871

Je ne trouvai que des phrases communes. Heureusement, j’avais affaire à un interlocuteur qui magnifiait les mots comme les images. Il me crut sincère, enthousiasmé, et il repartit de plus belle. Il se flattait d’avoir créé un microcosme, mais il se plaignait de n’avoir pu le créer que matériel et mort ; pour peupler ce décor qui, à ses yeux, abrégeait l’univers, il rêvait de susciter un être humain qui eût résumé en soi l’humanité. « Voilà donc, pensai-je, pourquoi il a épousé la Solférino ! » J’osai prononcer le nom de la marquise. Il fit une risée de colère.
Lady Ventnor ? cria-t-il.
Source : Gutenberg

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature