Résumé

Adrienne Durville Carnets de guerre d’Adrienne Durville

Notre réveillon est gai, mais d’une gaieté un peu forcée ; nous pensons tous à nos familles et nous éprouvons le besoin de nous serrer les uns contre les autres. Au moment de nous séparer, M. de B. nous fait ses adieux ; il part demain pour l’Alsace avec une mission du plus grand danger, il est possible qu’il n’en revienne pas ; il nous demande de penser à lui de midi à quatre heures. Tout cela dit avec une telle simplicité que nous en sommes bouleversées ; il demande à Renée de l’embrasser comme elle a embrassé Paul, comme viatique.
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Adrienne Durville Carnets de guerre d’Adrienne Durville

Lundi 11 novembre Renée et moi allons passer la journée à Versailles ; c’est là, qu’à onze heures précises, nous entendons les coups de canon qui annoncent la signature de l’Armistice ; quelle émotion et comme j’aurais pleuré si j’avais été seule ; je me sens bouleversée ; du bonheur de la victoire, un grand regret qu’on ait arrêté avant qu’elle soit plus complète, et la pensée qui domine tout « Pourquoi Paul n’est-il plus là ».
Versailles se pavoise instantanément.
Mardi 12 novembre Journée de joie et de folie à Paris ; drapeaux, cortèges, cris. J’aurais préféré un bonheur plus calme
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Adrienne Durville Carnets de guerre d’Adrienne Durville

Il fait un temps superbe, Mlle Pichot, Julie et moi montons au Salbert ; c’est dur mais la vue est bien belle, les Vosges avec les plus hauts sommets couverts de neige, Belfort à nos pieds avec sa citadelle, les forts et la grande plaine de la trouée des Vosges. L’orage qui se prépare met sur tout cela une lumière sinistre ; il n’y a que les montagnes qui restent baignées de clarté.
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