Albert Bessières

"Introïbo" (1939)

Résumé

Albert Bessières,  "Introïbo" (1939)

“ Si le grain de froment ne meurt pas, il reste seul, mais s'il meurt il porte beaucoup de fruits. A l'infini, par delà les murs de l'église, il lui semble voir monter, monter et s'élargir dans la lumière sanglante des couchants un immense Calvaire. On dirait la France telle que Mariannou l'a vu représentée sur les cartes, avec ses golfes et ses promontoires, ses baies et ses presqu'îles, et partout partout, à perte de vue, une forêt de croix se dresse, vers laquelle l'armée des condamnés s'avance. ”
Source : Gallica

Albert Bessières,  "Introïbo" (1939)

“ Il neige dans les « Garrigues », il neige sur les « Causses » et les « Planes ». Oh! ce n'est pas cette neige fine et sèche qui met la joie au cœur, la jolie neige avec laquelle on fait des boules et des bonshommes blancs sur la place, non, mais la neige méchante mêlée de pluie qui glace jusqu'aux os.
La vieille Mariannou est sortie quand même, son goret en laisse, pour chercher des truffes dans la « Garrigue ».
Les chênes n'ont plus de feuilles, sauf quelques-unes que l'hiver a oubliées et qui frissonnent dans le vent. Oui, elles ont bien froid, les dernières feuilles.
”
Source : Gallica

Albert Bessières,  "Introïbo" (1939)

“ L'armée n'est pas, pour une âme de prêtre, un milieu normal. Pourtant, qui sait si, même parmi nous, plusieurs ne sentiront pas, au contact de la souffrance et de la mort, naître en eux une âme nouvelle, s'éveiller le souvenir un peu effacé de l'Evangile du renoncement?
Mariannou a courbé la tête et, se parlant à elle-même :
— Ils étaient si peu!
— Oui, maman, mais si le nombre est essentiel, la qualité l'est plus encore.
Une poignée d'apôtres suffit à faire vivre une société. Des légions de prêtres peuvent la laisser périr. Mieux vaut la poignée de sel pur, que la montagne de sel affadi.
”
Source : Gallica

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