Résumé

Alfred Girard Garde nationale mobilisée du Nord… (1871)

Le général Robin nous lance en bataille, dans les champs en labour. On enfonce jusqu'à mi-jambe.
Beaucoup y laissent leurs souliers, et continuent pieds nus.
Puis, arrêtés à quelque distance, derrière des batteries qui tonnent, nous attendons que vienne notre tour de donner.
La boue glacée nous montait aux jambes; et l'on se sentait, d'instant en instant, embourber davantage, comme dans quelque terrain mouvant. Un froid humide nous pénétrait jusqu'aux os. Des frissons intermittents nous parcouraient le corps.
Source : Gallica

Alfred Girard Garde nationale mobilisée du Nord… (1871)

Les officiers de compagnies étaient contraints, à ce moment, de s'avouer l'impuissance de leurs réclamations en faveur du soldat.. Mais ces réclamations, qui n'avaient point toujours été sans péril, suffisaient-elles à l'entier accomplissement du devoir? Et, plus spécialement, n'était-ce point, en conservant des grades qui ne donnaient aucun pouvoir pour le bien, assumer, au moins en partie, la responsabilité d'une aussi misérable situation?
La seule crainte de désorganiser un régiment devant l'ennemi, prévint les démissions.
Source : Gallica

Alfred Girard Garde nationale mobilisée du Nord… (1871)

Bientôt, il est certain que les Prussiens n'ont rien laissé dans le village, que des volailles, dont on entend maintenant le chant de mort.
- Nous ne devons pas coucher à Beugnâtre, et nous retournons à Mory.
Les régiments, qui se hâtent dans la nuit, se heurtent et se mêlent. Les hommes trébuchent aux aspérités de ces champs en labour, où l'on va sans y voir. Il semble que le gîte recule devant nous.
Enfin, voici Mory. Mais un officier d'ordonnance du général Robin, nous crie que le cantonnement des 48 et 6° régiments de marche est à Vaulx.
Source : Gallica

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