Résumé

Portrait de Augustin Gazier Augustin Gazier Port-Royal au XVIIe siècle : images et portraits avec des notes historiques et iconographiques (1909)

Champaigne ne savait pas « ajouter »; il fut admirable dans le portrait. Mais, en même temps, à défaut d'imagination, il était doué d'une profonde et délicate sensibilité. Elle perce dans toutes les œuvres où sont représentés des visages chers au peintre; elle se contient; elle rayonne de très loin et comme à travers des voiles. Et c'est peut-être là le trait qui apparente le plus étroitement Champaigne à Port-Royal.
L'art prend toujours sa revanche. Un peintre est demeuré l'avocat le plus persuasif des ennemis de la peinture.
Source : Gallica

Portrait de Augustin Gazier Augustin Gazier Port-Royal au XVIIe siècle : images et portraits avec des notes historiques et iconographiques (1909)

Pour eux toute beauté est une ennemie sournoise armée contre le salut du chrétien. Écoutez encore Saint-Cyran, car c'est à son école que s'est formée la conscience de Port-Royal : « Il y a plus de dévotion à entendre la messe d'un prêtre mal habillé ou peu vertueux, que d'un prêtre qui dit la messe avec de beaux ornements et sur un autel bien paré, ou qui est estimé pour sa vertu : car, dans l'un des cas, toute la foi agit et engage les sens, et, dans l'autre, tous les sens sont engagés. »
Pour des âmes d'une aussi scrupuleuse austérité, l'art ne peut être que pièges et embûches.
Source : Gallica

Portrait de Augustin Gazier Augustin Gazier Port-Royal au XVIIe siècle : images et portraits avec des notes historiques et iconographiques (1909)

Mais Champaigne est là tout entier : il veut qu'un peintre se conforme à la vérité, sans autre souci.
Pascal disait : « Il faut de l'agréable et du réel. » Il ajoutait aussitôt : « Mais il faut que cet agréable soit lui-même pris du vrai. » A Port-Royal tout le monde n'allait pas aussi loin. L' « agréable » effrayait Arnauld. Champaigne l'a évité parfois avec un soin qui choque le molinisme de notre goût moderne. Ses grands tableaux religieux trahissent une véritable pauvreté d'imagination.
Source : Gallica

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