Charles Augustin Sainte-Beuve,
Port-Royal
“ Au seul nom de Saint-Cyran et à l’idée soudaine qui lui en avait été mue au cœur, Lancelot avait exactement ressenti ce que sentirait un fils orphelin pour un père dont il découvre l’existence, qu’il n’a pas vu encore, qu’il a pourtant retrouvé. Son père spirituel existait : il le savait, il venait de l’apprendre ; ses entrailles avaient parlé. Mais la crainte filiale, le respect extrême, combattaient déjà en lui le violent désir de l’aborder. M. Ferrand, qui lui avait révélé l’abbé de Saint-Cyran, ne le connaissait pas directement lui-même et ne l’avait jamais vu. ”
