Edmond Jurien de La Gravière,
La station du Levant. Tome 2
(1876)
“ Bouillonnante sous les boulets qui en trouent à chaque instant la surface, couverte de débris flottants, auxquels se cramponnent de malheureux Turcs, la rade de Navarin n'est plus cette grande nappe d'eau paisible où se balançait, avec une indolente majesté, pendant la matinée du 20 octobre, la magnifique flotte d'Ibrahim; elle a revêtu l'aspect d'un de ces lacs infernaux où nagent les damnés au milieu des vagues de feu et de bitume. Pendant ce temps, la flotte qui l'avait remplie tout entière se fond à vue d'œil. Elle se fond, mais n'en lutte pas moins encore avec une rare énergie. ”
