Ernest Gay,
La Guerre en province : campagnes de la Loire et du Mans…
(1905-1910)
“ Mais le pont de Châteauneuf est coupé, et nous recevons l'ordre de marcher sur Sully où nous traverserons la Loire. La nuit était si noire, que notre bataillon fut divisé par un train d'artillerie. On n'y voyait pas à deux pas devant soi, et il fallait marcher, marcher toujours! La fatigue abat l'homme le plus courageux, le plus énergique, le plus vigoureux, car les forces humaines ont une limite. Mais le manque de sommeil est peut-être plus invincible que la fatigue ; on ne peut lutter contre lui, quelle que soit la volonté dont on soit armé. ”
