Frédéric Kohn-Abrest

Résumé

Frédéric Kohn-Abrest Un printemps en Bosnie (1887)

Les Tziganes y mettent un entrain épileptique ; les sauts en l’air, les contorsions, les déhanchements auxquels ils se livrent sont dignes d’acrobates les plus délurés. C’est la véritable sarabande macabre, et on dirait que les membres des danseurs vont craquer et que leurs os s’entre-choquent sous leur peau. Assurément un bal en plein air, que se donnent à eux-mêmes les Tziganes de Tuzla, est un spectacle digne de tenter la palette d’un peintre de genre, comme tant de tableaux que l’on voit en Bosnie et qui mériteraient d’être fixés par le pinceau.
Source : Gutenberg

Frédéric Kohn-Abrest Un printemps en Bosnie (1887)

Ah ! le jour où une brèche aura été faite dans les traditions séculaires si rigoureusement observées, quand le voile qui recouvre les visages des épousées aura disparu, ou sera devenu d’un tissu plus transparent — le jour où le mari et la femme turcs prendront leur repas en commun, la civilisation aura fait un pas immense dans ces contrées ; car c’est l’influence des femmes, ne connaissant aujourd’hui rien en dehors du harem, recroquevillées dans l’éducation selon le Coran, qui est l’obstacle le plus puissant, le plus efficace au progrès.
Source : Gutenberg

Frédéric Kohn-Abrest Un printemps en Bosnie (1887)

Du matin au soir, M. Hormann est dans son cabinet de la préfecture, recevant tout le monde, écoutant toutes les requêtes et expédiant les affaires avec une célérité et une rondeur qui font mentir la réputation de sage lenteur et de paperasserie dont on a gratifié pendant si longtemps la bureaucratie autrichienne.
Si vous sortez avec M. Hormann dans les rues de Sérajewo, tenez votre chapeau à la main : il n’est pas un passant qui ne salue le chef de la police ; les Turcs surtout ne manquent pas de porter la main à la bouche, au front, et de l’appuyer sur le cœur.
Source : Gutenberg

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