Guillaume Apollinaire

Guillaume Apollinaire

Résumé

Portrait de Guillaume Apollinaire Guillaume Apollinaire Le Flâneur des deux rives

Lorsque la garde nationale fut supprimée, l’Hôtel des Haricots se trouva sans destination, et la Ville y fit son dépôt de l’éclairage. Tel quel, il constitue un musée assez curieux, propre à éclairer — c’est le mot — sur la façon dont s’illuminent, la nuit, les rues parisiennes.
Il n’y a plus que très peu de lanternes anciennes. On les a vendues aux communes suburbaines, mais en revanche, quelle forêt, sans ombre, de fûts en fonte, de lyres, de réverbères à gaz et à l’électricité !
On n’y voit guère de bronze ; il n’y a de réverbères en cet alliage coûteux qu’à l’Opéra.
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Portrait de Guillaume Apollinaire Guillaume Apollinaire Le Flâneur des deux rives

Devant la fenêtre, sur une table ronde, une collection de bonbons anciens, de figurines de sucre colorié, de maisonnettes bâties par le confiseur, de brebiettes en fondant entourant un grand agneau pascal, italien, semble préparée depuis plus d'un siècle pour une troupe turbulente d'enfants qui ne sont point venus, qui ont grandi, ont vieilli et sont morts sans avoir touché à ces bonbons surannés et charmants, objets précieux d'une gourmandise qui n'est plus, dont on n'a pas écrit l'histoire et qui n'a même pas son musée.
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Portrait de Guillaume Apollinaire Guillaume Apollinaire Le Flâneur des deux rives

Et pour en finir quelqu’un chanta un gracieux Noël d’enfant dont la date doit être récente. En voici un couplet :
Une petite abeille — Bourdonnant en frelon — s’approcha du poupon, — Lui disant à l’oreille — J’apporte du bonbon ; — Il est doux à merveille ; — Goûtez-en mon mignon.
On peut avoir cent impressions différentes de la vieille rue de Buci. Je les donne toutes pour celles que j’y ai éprouvées en entendant chanter ces Noëls, une nuit de réveillon, peu d’années avant la guerre.
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