Résumé

Portrait de Henri Frey Henri Frey Revue des Deux Mondes

On but à la délivrance des assiégés, à leurs héroïques défenseurs, aux braves qui étaient tombés sous les balles chinoises ; on but à l’armée, à la marine, à la République, à la France, à tout ce qui nous devient si cher à l’étranger, où, loin des dissensions intestines, des querelles de partis, on n’entrevoit la Patrie que dans une auréole de grandeur, de beauté et de gloire !
La colonne, une fois rassemblée, traverse, clairons en tête, tout le quartier des Légations pour y montrer les couleurs françaises et y faire entendre les sonneries aimées de nos marches guerrières.
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Portrait de Henri Frey Henri Frey Revue des Deux Mondes

La porte Ha-Ta-Men passée, les premiers obstacles franchis, la tête de colonne s’est arrêtée pour permettre aux unités de se grouper. Nos clairons font retentir, dans le calme sinistre qui nous enveloppe, leurs notes claires et vibrantes. On se sent remué, on est fier de fouler enfin le sol de cette capitale. Les vœux que nous avions tous formés, au départ de Tien-Tsin, sont enfin exaucés ! Nos hommes ont, il est vrai, leurs vêtemens en loques, mais ils n’ont point à en rougir : tout au contraire, ils peuvent s’en faire gloire.
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Cependant, le seul fait de la présence, dans la ville, de ce groupe d’assiégés, si peu nombreux qu’il fût, occupant, sur ce monumental rempart qui divise Pékin en deux immenses cités, un point, une brèche en quelque sorte, par laquelle celui-ci était susceptible de pouvoir donner la main aux assaillans, constituait, pour les Chinois, une cause très grande de faiblesse, un réel danger qui eût dû, davantage encore, les pousser à tenter la fortune des armes, hors de la zone d’action possible de ce petit groupe, en réservant, pour la défense même de la place, le suprême effort.
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