J.-L. Puzin, Fables et autres poésies (1859)
“ Et moi lorsqu'il m'approche, il prend subitement Un air méchant, cruel, me parle brusquement, Et lorsque je travaille à moi seul il applique Sur le dos, sur le cou, de nombreux coups de trique, Et si brutalement qu'ils me font toujours mal. Cependant je le sers mieux qu'aucun animal ; Ah ! c'est trop reconnaître un serviteur fidèle, Et je veux m'en venger, ma peine est trop cruelle ! — Sache, dit le cheval, qu'un âne est sans valeur, Tu lui coûtes trop peu, de là naît ton malheur, Car pour quarante francs je suis sûr qu'on t'achète; Conviens que tu vaux peu, quoiqu'assez bonne bête! ”
