J.-L. Puzin

Résumé

J.-L. Puzin Fables et autres poésies (1859)

Et moi lorsqu'il m'approche, il prend subitement Un air méchant, cruel, me parle brusquement, Et lorsque je travaille à moi seul il applique Sur le dos, sur le cou, de nombreux coups de trique, Et si brutalement qu'ils me font toujours mal.
Cependant je le sers mieux qu'aucun animal ; Ah ! c'est trop reconnaître un serviteur fidèle, Et je veux m'en venger, ma peine est trop cruelle !
— Sache, dit le cheval, qu'un âne est sans valeur, Tu lui coûtes trop peu, de là naît ton malheur, Car pour quarante francs je suis sûr qu'on t'achète; Conviens que tu vaux peu, quoiqu'assez bonne bête!
Source : Gallica

J.-L. Puzin Fables et autres poésies (1859)

« Ah ! si je puis sortir de cette fosse horrible, « Je fais faire aux mortels la mort la plus terrible ! »
Pendant qu'il rugissait continuellement, En essayant, parfois, d'en sortir vainement, La girafe, en passant, entendit la victime, S'approcha promptement sur le bord de l'abîme : — Pauvre lion, dit-elle, au piège tu t'es pris : Lorsqu'on mange la chèvre, ah! qu'on en sent le prix !
Tu n'en sortiras pas ; je plains ton infortune : Attends-toi d'y mourir sans espérance aucune.
— 0 girafe géante ! 0 reine des forêts !
Le Ciel, pour me sauver, vous fait passer exprès.
Source : Gallica

J.-L. Puzin Fables et autres poésies (1859)

Vous nous paierai le mal qu'elle vient de nous faire.
— Elle a pris deux moutons, lui dit à son tour Claire; Si l'un reste à manger, c'est que l'on poursuivait Un loup, qui dans le bois comme elle se trouvait.
— Tu mens, lui dit alors son maître avec colère : Les loups en votre absence ont seuls pu les soustraire.
L'ourse a détruit un loup pour avoir ce mouton, Et j'ai pu tuer l'autre avec mon mousqueton.
Vois-tu ! De mon agneau voici ce qu'il me reste : Cela seul vous confond tous les deux sans conteste.
Oserez-vous nier la pure vérité, Quand le garde à moi-même ici l'a raconté?
Source : Gallica

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