Jacques d’Adelswärd-Fersen,
Le baiser de Narcisse
(1907)
“ « Qu’est-ce que tu as dit, toi, l’Amalécite, à propos de Milès ? Milès, c’est comme mon dieu, je ne veux pas qu’on y touche ! — Alors, par Zeus ! touches-y toi-même avant les autres ! C’est tout ce qui pourra lui arriver de mieux, car il est ici. Le voilà, au fond de la salle, maigri, hâve et changé. Regarde-le. » Effaré, le géant se retournait, se frottait les paupières, croyait à une illusion, puis bondit, et jetant l’escabeau loin de lui : « Milès, mon petit maître ! » rugit-il d’une voix de tonnerre dans l’ostérium en révolution. À son cri, un autre cri répondait : « Séir ! Séir ! » ”
