Jacques d’Adelswärd-Fersen

Jacques d’Adelswärd-Fersen

Résumé

Portrait de Jacques d’Adelswärd-Fersen Jacques d’Adelswärd-Fersen Le baiser de Narcisse (1907)

« Qu’est-ce que tu as dit, toi, l’Amalécite, à propos de Milès ? Milès, c’est comme mon dieu, je ne veux pas qu’on y touche !
— Alors, par Zeus ! touches-y toi-même avant les autres ! C’est tout ce qui pourra lui arriver de mieux, car il est ici. Le voilà, au fond de la salle, maigri, hâve et changé. Regarde-le. »
Effaré, le géant se retournait, se frottait les paupières, croyait à une illusion, puis bondit, et jetant l’escabeau loin de lui :
« Milès, mon petit maître ! » rugit-il d’une voix de tonnerre dans l’ostérium en révolution.
À son cri, un autre cri répondait : « Séir ! Séir ! »
Source : Wikisource

Portrait de Jacques d’Adelswärd-Fersen Jacques d’Adelswärd-Fersen Le baiser de Narcisse (1907)

Puis, comme le silence les enveloppait de son aile tendre, le jeune homme se redressa, allant vers Milès dont il prit la main délicate pour la porter à son cœur.
« Me pardonneras-tu... me pardonneras-tu ? murmura-t-il enfin... Je ne savais point que tu serais dans les bras de cette femme. »
L’éphèbe ne répondait pas ; alors, Ictinus ajouta :
« Tu l’aimes donc ? »
Milès couvrit l’Hypogète d’un regard plus triste. Il voyait, apparemment, une douleur si grande, une angoisse si forte dans le visage de celui qui l’interrogeait ainsi, que, muet, il secoua la tête.
Source : Wikisource

Portrait de Jacques d’Adelswärd-Fersen Jacques d’Adelswärd-Fersen Le baiser de Narcisse (1907)

« Pas besoin de personne, répliqua Briséis arcboutée pour le soutenir. Regarde ce petit et, s’il te plaît, achète-le ! »
Scopas, malgré que son estomac fût l’outre de Bacchus, eut la force et l’idée d’examiner Milès à travers un gros cristal monté en loupe.
« Il a un air bien dominateur pour un esclave...
— Mais il est bien beau pour un mortel.
— Soit ! Ephèbe, veux-tu venir à Athènes ? Si tu t’engages à me bien servir, par les dieux, je t’élèverai un temple à toi seul, car je suis architecte, et ma mauvaise réputation est inattaquable : Je suis Scopas l’Apoxyomène ! »
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature