Lieutenant-colonel Lyautey

Résumé

Lieutenant-colonel Lyautey Revue des Deux Mondes

I Voyons d’abord dans ses grandes lignes l’emploi de la force armée pour la conquête, tel que l’entend, avec le général Galliéni et quelques-uns de nos chefs coloniaux, l’école qui procède d’eux, — car c’est une école.
Ce mode d’emploi exclut autant que possible [1] la colonne proprement dite et y substitue la méthode d’occupation progressive. Cette méthode peut se formuler ainsi :
« L’occupation militaire consiste moins en opérations militaires qu’en une organisation qui marche. »
Le système repose sur trois organes essentiels : le territoire, le cercle, le secteur.
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Pendant cette période qui suit la conquête, les troupes n’ont plus qu’un rôle de police qui passe bientôt à des troupes spéciales, milice et police proprement dite ; mais il est sage de mettre à profit les inépuisables qualités de dévouement et d’ingéniosité du soldat français. Comme surveillant de travaux, comme instituteur, comme ouvrier d’art, comme chef de petit poste, partout où l’on l’ait appel à son initiative, à son amour-propre, à son intelligence, il se montre à hauteur de sa tâche.
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Croit-on qu’il faille nulle part une plus grande dépense d’énergie, d’endurance, d’autorité, qu’il n’en faut à l’officier chargé de la construction d’une route en pays sauvage ? Il passe des mois, des années parfois, dans des abris improvisés, miné par la fièvre, compagne inséparable de tels travaux, allant d’un chantier à l’autre, n’obtenant qu’à force d’énergie, d’exemple, de volonté imposée, le rendement maximum de son personnel.
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