Louis Delaporte

Résumé

Louis Delaporte Revue des Deux Mondes

La végétation est d’une variété et d’une fraîcheur surprenantes ; tantôt nous filons entre deux rideaux de grands cocotiers où se mêlent de superbes arbres à fruits, tantôt, dans les parties marécageuses, nous traversons un fouillis de lianes, de palmiers d’eau et de plantes grimpantes d’une diversité infinie. Après vingt-quatre heures environ de cette navigation, nous arrivons à Mytho, au confluent de l’arroyo et du Mékong, et de là nous nous dirigeons sur Chaudoc.
Le bras du fleuve sur lequel nous nous engageons ici est d’une largeur extrême
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Louis Delaporte Revue des Deux Mondes

Autour de ce temple superbe, le seul des monumens khmers dont on puisse actuellement embrasser l’ensemble d’un coup d’œil, circule encore comme un souffle de la vie religieuse qui l’animait jadis. Un village et plusieurs monastères sont groupés au pied du sanctuaire gardé par des bonzes. Aux alentours, on aperçoit de petits monticules qui attestent la stupide superstition des populations modernes ; ils sont élevés par les dévots convaincus que quelque Bouddha futur changera en une nuit ces amas de boue en des temples semblables à l’œuvre merveilleuse de l’architecte du ciel.
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Louis Delaporte Revue des Deux Mondes

Si cette excursion d’une nature particulière au travers des immenses et marécageuses forêts du Cambodge offrait en soi de vifs attraits, une expérience répétée du redoutable climat indo-chinois et des difficultés de toute sorte où l’on se heurte en ces contrées, surtout pendant la saison des pluies, m’imposait tout d’abord le choix d’un personnel d’élite. Avec un temps limité et des ressources restreintes, le moindre tâtonnement devenait funeste. Aussi la colonne d’exploration fut-elle composée d’officiers et de marins déjà familiers avec les périls et les aventures d’un semblable voyage
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