Louise L. Zeys

Résumé

Louise L. Zeys Revue des Deux Mondes

En cet instant critique, j’entendis la voix du jeune Charles.
— Tenez bon une minute, lieutenant, cria-t-il, je viens !
En effet, l’héroïque enfant, bondissant par-dessus les cadavres avec son petit cheval, arrive jusqu’à moi et, d’un coup de pistolet presque à bout portant, fait mordre la poussière à mon ennemi. Mais, au même instant, je le vois pâlir et chanceler. Une balle l’avait frappé à la poitrine.
— Adieu, lieutenant, adieu frère, dit-il en se laissant glisser à terre. Je meurs pour ma patrie et mon Dieu. Ma pauvre mère, oh ! qu’elle va pleurer.
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Louise L. Zeys Revue des Deux Mondes

Si vous êtes blessés, vous tomberez entre les mains des Moscovites qui vous tortureront ; si vous lâchez pied, vos compagnons ont ordre de vous fusiller.
— Nous sommes prêts à tout, dirent-ils simplement.
— Avez-vous une famille ? Qu’elle vous pleure d’avance. On n’a congé dans nos rangs que pour aller aux mines de Sibérie ou à la mort. Vous êtes-vous réconciliés avec Dieu ? Je vous mène au trépas. Êtes-vous prêts à mourir pour la patrie ? Il est temps encore de reculer, je vous faciliterai le retour...
— Non, non. Combattre aujourd’hui, demain, à toute heure. Vive la Pologne !
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Louise L. Zeys Revue des Deux Mondes

Le sifflement des balles, l’odeur de la poudre, les cris des blessés et des mourans et, plus que tout cela, les clameurs des Russes m’avaient jetée dans une terrible surexcitation nerveuse, une sorte de douloureuse colère. Chaque fois que je me levais sur mes étriers et que je laissais retomber mon bras, un homme allait mordre la poussière. Je ne cessai de frapper que lorsque je vis les Polonais chasser devant eux les Russes complètement vaincus.
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